L’un des fils ténu reliant les expatriés à leur terre d’origine, le droit de vote n’est pas un acquis partout. Même si la France tend à le sanctuariser.
Ainsi, la semaine dernière, les Slovaques ont manifesté contre le projet du premier ministre – Robert Fico – de supprimer le vote par correspondance des expatriés. Les Slovaques de l’étranger ne peuvent, en effet, voter uniquement pour les élections législative et seulement par courrier. Le projet de Fico tend donc à enterrer ce mécanisme. Et si l’argument officiel invoque la « sécurité du scrutin », l’opposition y voit une manœuvre purement électorale. Le vote de la diaspora s’étant essentiellement porté sur les partis pro-européens et libéraux. Le premier ministre bloque ainsi un électorat qui lui est hostile.
Et la Slovaquie n’est pas un cas isolé. D’autres pays usent de l’argument du « lien substantiel » pour justifier leur retrait du droit de participer aux élections après une certaine durée d’expatriation. Le Royaume-Uni appliquait ainsi la règle dite « des 15 ans », qui faisait perdre son droit de vote au citoyen au-delà de cette échéance. Si cette loi a été abolie, le Royaume-uni fait perdre le droit de vote aux élections nationales de ses expatriés, hormis les diplomates. Notez aussi que l’’Allemagne comme l’Australie exigent que le citoyen prouve qu’il a résidé dans le pays au moins une fois ou qu’il maintient un lien « direct et continu » pour rester sur les listes électorales.
À l’inverse de ces restrictions, la France se distingue par une architecture institutionnelle qui place ses expatriés au cœur de la vie politique nationale. Et dans des scrutins nationaux serrés, le million et demi de Français inscrits sur les listes électorales consulaires peut faire basculer une élection ou, à tout le moins, imposer des thématiques spécifiques dans le débat public (fiscalité, scolarité ou encore protection sociale).
Et les expatriés disposent d’une vraie représentation, avec 11 députés, 12 sénateurs et 442 conseillers des Français de l’étranger. Et les 30 et 31 mai prochains, les expatriés voteront pour leurs futurs conseillers consulaires, et en septembre pour leurs sénateurs.




