Ainsi, pour des millions de Français répartis à travers le monde, le 8 mai symbolise la fin d’un cauchemar planétaire et la naissance d’un nouvel ordre mondial. 

Le 8 mai 1945, à 23h01 précisément, les armes se taisent officiellement en Europe. La capitulation de l’Allemagne nazie est signée à Reims, et ratifiée à Berlin, mettant fin à 6 ans de guerre. Plus de 60 millions de personnes sont mortes à travers le monde, dont une majorité de civils. Le monde découvrira la Shoah, les bombardements massifs, et l’entrée dans l’ère nucléaire à Hiroshima et Nagasaki. La Seconde guerre mondiale préfigurera les crises migratoires contemporaines. C’est sur ces cendres que le « plus jamais ça » est né. Avec comme principal héritage, l’Organisation des Nations Unies, dès le mois de juin 1945 et les bases du système économique qui visait à éviter les crises. Avec l’idée de substituer la force du droit au droit de la force. C’est à la suite de ce conflit mondial qu’est né la notion de « crime contre l’humanité » lors du procès de Nuremberg. 

Et si pendant 70 ans, cet ordre « post 45 » a maintenu un semblant d’équilibre, ce début du 21è siècle vacille. Le Conseil de sécurité de l’ONU est souvent paralysé par le jeu des vétos, et les BRICS bouleversent l’ordre mondial. La « mondialisation heureuse » est en recul, au profit d’une « économie de guerre ». 

Dans ce contexte, le 8 mai devient un jour férié aux géométries variables. En France, il est devenu férié en 1953, puis supprimé en 1975 pour encourager la réconciliation franco-allemande, et de nouveau déclaré férié en 1981, sous la pression des associations d’anciens combattants. C’est désormais un pilier de la mémoire nationale. Et ce 8 mai n’est d’ailleurs pas férié en Allemagne, mais pudiquement appelé « Jour de la Libération ». Des cérémonies, mais pas de jour férié en Angleterre et aux Etats-Unis. C’est davantage le 11 novembre qui y est célébré. La Russie, elle, priorise le 9 mai, en raison du décalage horaire lors de la signature.

Et le 8 mai est également la journée de l’Europe, symbolisée par la déclaration historique de Robert Schuman, le 9 mai 1950. Alors que vous soyez à Montréal, Tokyo, Londres ou Dakar, le 9 mai est l’occasion de réaffirmer notre attachement aux valeurs de liberté et de droit international qui, bien que malmenées, restent notre meilleur rempart contre le chaos.