Alors que la France fait face à de grands défis économiques, comme le déficit public, le vieillissement démographique, les mutations technologiques ou la transition écologique, pas sûr que l’économie soit au centre des débats. Au profit de la sécurité et l’immigration. 

Pourtant, la France devra s’atteler à traiter la question des retraites, puisque la réforme de 2023 a été suspendue jusqu’à l’automne 2027. Car le constat est clair. Le système de retraite est en déficit et celui-ci ne peut qu’augmenter sans réforme durant les prochaines années. Parmi les solutions simples, on retrouve l’augmentation du volume de travail, la hausse des cotisations et la baisse des pensions. Et parmi les freins en France, la faiblesse de son taux d’emploi (69% contre 78% en Allemagne). Et le taux de chômage en France pour les 16-25 ans est de 21%, et 12% d’entre eux ne sont ni en emploi, ni en formation. Et le taux d’emploi des 60-64 ans s’élève à 45%, alors que l’âge légal pour le départ en retraite est de 66 ans et 2 mois en Allemagne. Et alors que 24% des 55-64 ans sont en formation, ce déficit particulièrement important pour les chômeurs et les peu diplômés. Et l’Allemagne a fait le choix de la hausse des cotisations pour régler le problème des retraites. 

Et depuis 2024, certains espèrent réduire le déficit public en rehaussant les impôts sur les entreprises. Reportés depuis 2025, les impôts de production représentent 3% en 2024, contre 3,7% du PIB en 2020 en France, et 0,7% en Allemagne. Le poids de l’imposition des sociétés est plus lourd en France que dans les autres pays de l’Union. Tout comme le poids des cotisations sociales. Et les prélèvements supportés par les entreprises atteignent 14,5 % du PIB en France contre 11 % au sein de l’Union européenne. Et la France se caractérise par la faiblesse de son industrie, avec 9% de la valeur ajoutée manufacturée en France, contre le double en Allemagne. La France est davantage spécialisée dans les services domestiques. 

Or, de nombreux Français accusent l’Europe d’être technocratique et de jouer contre les intérêts de l’économie française. Et contrairement à ce que pensent certains, l’Union européenne n’est pas allée suffisamment loin dans la normalisation. Et l’UE constitue l’un des principales forces économiques mondiales. Et le retour à des politiques nationales dans les domaines industriels, réglementaires et budgétaires impliquerait que les États n’auraient aucun poids face aux États-Unis, à la Chine ou à l’Inde. 

Et l’immigration génère bien souvent un supplément d’emploi et d’activité, puisque 52 % des immigrés entrés en France en 2023 ont, selon l’INSEE un diplôme de l’enseignement supérieur contre 44 % pour la population de 16 à 64 ans. 

Enfin, dans les prochaines années, la France devra augmenter sa production d’électricité, tout en relevant son parc nucléaire. Les campagnes électorales à venir devraient permettre de trancher ces différentes questions. Le risque est évidemment que la démagogie l’emporte sur la raison et l’analyse précise des avantages et des inconvénients des réponses à leur apporter…