II – CROIS

1.  Une arrivée tardive

 

La célébration de Carême à peine terminée la veille à Hong Kong, je quitte l’église de Notre Dame du Mont Carmel pour prendre l’avion pour Paris et puis Lyon. Pour une fois c’est la même compagnie et donc le transfert se fait sans trop de problème. Nous sommes vendredi matin, les séances plénières ont déjà commencé. 

 

L’amphi est plein à craquer. Je m’y intègre sans transition, j’opte pour une place libre pas loin de la scène principale sur la gauche. Je vois une ou deux têtes qui ressemblent aux responsables de l’organisation, leurs badges et la manière de se mouvoir et intervenir en coulisses semblent l’indiquer. 

 

L’habit de certains d’entre eux m’intrigue particulièrement, ils portent le tablier de boucher, je ne savais pas que c’était à cause des andouilles, fameuses quenelles de Lyon. 

 

Serviteurs de serviteurs, sacrificateurs des sacrificateurs, Elie qui massacre plusieurs centaines de prêtres de Baal, le boucher de mon village, celui de Treblinka…

 

Toutes ces images se mettent à sortir de leur limbe comme des zombies qui communient à la joie de ce monde en se distinguant par la lenteur et l’outrecuidance à l’égard des lois de la nature. Comme dans le clip de Michael Jackson, qui sort d’outre-tombe, tous ces personnages zombi-formes se mettent à défiler avec l’empressement dans ma tête où se logent le paradis et l’enfer, les oiseaux du ciel et les bêtes sauvages, et les visiteurs des cimetières. 

 

Ceux de Lyon, en chair et en os, sortent pour rejoindre la réalité du service des frères. Mais par quel chemin fallait-il passer dans ma tête pour en arriver là? Pour arriver dans ma tête au constat de service volontairement consenti, suivi tout bonnement du sentiment paisible de gratitude. Laquelle s’immobilise dans ma conscience sans bruit, telle une barque sans personne dedans, juste chargée de gratitude posée dans la barque au milieu du lac paisible, une mer d’huile. Humer les parfums d’une soirée d’été qui sent le printemps à chanter les louanges. 

 

Il y a aussi un prêtre en col romain qui me salue très dignement, dont la distinction montre le niveau de proximité empreint d’un brin de distance ecclésiastique que l’habit et sans doute la tête impose. J’aperçois aussi un vieil ami du Liban, Joe, dont il sera question plus tard. Puis un évêque, visiblement un jeune retraité encore avide de bain de foule. 

 

Moi aussi, presque jeune retraité (prêtre, c’est un échelon en dessous de l’évêque, mais la mise à la retraite opère un nivellement vers le bas pour tout le monde) j’ai envie de baigner dans cette ambiance qu’une foule réunie pour la même cause peut procurer. 

 

Je commence à me sentir dedans, mais brusquement je sens surtout la faim, pas de jeux et de la bonne parole, mais la faim du pain très quotidien, celui des ras de pâquerette, celui de la boulangerie chez Falaizeau à Paris; à Lyon il y a assurément des boulangeries semblables. 

 

Tout cela c’est la faute du boucher, pas vraiment, plutôt au tablier que les serviteurs des Assises portent, alors que c’est presque garanti sur facture qu’aucun de ceux qui sont à Lyon dans ce grand rassemblement n’exerce ce noble et délicat métier, noble comme nourrir le peut, et délicat car risquée comme la vie peut l’être.

 

J’ai fini par reprendre mes esprits. Je réalise que je suis dans le carré des VIP et que les témoignages se succèdent à une cadence régulière. Ce sera ainsi jusqu’à la fin des Assises. Un peu trop de témoignages laissent en pâture la sensibilité de l’audience ravie et avide de ce genre de formation. 

 

Mais ce n’est rien par rapport à un prédicateur américain qui ne savait que raconter de petites histoires, sous prétexte que les gens n’étaient plus capables de réfléchir quelques minutes sur des données de base théoriques pour améliorer leur vie spirituelle fondée sur les évangiles. 

2. Témoignages  

Premier jour 

11 h Le témoignage d’une alpiniste qui a passé 15 ans à Singapour, Jordane Lienard. Elle parle de l’importance du second de cordée, ce qu’elle a compris après la démission du premier, guide et premier de cordée, au milieu de l’ascension. Elle a compris que pour être second, il faut être en co-responsabilité partagée avec le premier. Savoir tout comme lui, surtout savoir comment réagir dans les moments difficiles et imprévus.

 

Anticiper, être en cordée, s’engager, alors que « à vouloir protéger la vie, on finit par ne pas vivre », puis tenir bon en sachant que “cela requiert de la robustesse”. Et toujours accepter l’imprévu comme faisant partie de la vie. 

 

Pour ma propre pomme, en l’écoutant je réalise que dans le régime chrétien, l’Esprit saint souvent affleure seulement au bout des situations imprévisibles… et éventuellement assumées.

 

11h30 table ronde avec l’alpiniste, mais aussi avec le président du Medef, Mr Martin, qui dans les situations où tout presse, commence par prendre du recul. 

 

C’est aussi le tour de la fondatrice Immemori (Pompes funèbres) qui, avant de se lancer dans le métier, face à la mort peut-être, face à la situation professionnelle dans laquelle elle se lance sûrement, a écrit ses peurs; ce qui l’a libéré dans cette nouvelle expérience professionnelle, elle qui venait du CAC 40. 

 

14h30 témoignage de Jean du Canada qui investit dans le social avec son talent de convaincre pour sensibiliser à l’environnement de la personne, une sorte d’écologie naturelle et spirituelle en même temps (cf pape Benoît XVI). 

 

15h Emmanuel Brochier, Doyen et directeur de l’IPC – Facultés Libres de Philosophie et de Psychologie. J’ai ignoré l’existence de cette faculté jusqu’au moment où je rencontre une ancienne d’une famille bien catho qui m’en parle avec joyeux étonnement d’avoir découvert la possibilité de faire de la philo autrement par rapport à ce qui est généralement enseigné dans les facultés et universités parisiennes et hexagonales bien achalandés des pensées en vogue. Cela mériterait un podcast à part, une autre fois peut-être.

 

Un one man show durant un quart d’heure en péripatéticien déambulant entre les gradins se livrant à une méditation sur la vérité mathématique, physique et existentielle. Le prof est bien concentré, connecté et connectant. Une réflexion qui poussait à aller dans les profondeurs des expériences de tout témoin de sa vie, de la vie et de sa vérité. Aussi un témoignage ? Oui, celui d’un homme à la capacité à tenir un raisonnement sans dévier sur le sujet aussi ardu que la vérité peut être. Une véritable performance.

 

15h20 Sania, biologiste, constate qu’à force de vivre la performance on devient vulnérable. Cela n’était pas pour moi une découverte, en revanche la suite un peu plus. Le vivant vit en dessous de ses moyens pour assimiler les fluctuations. 

 

Je savais que le vivant vivait en dessous de ses moyens, mais ce n’était pas comme je l’imaginait à cause de la paresse seule, qui d’ailleurs paradoxalement est un de deux moteurs le plus puissant de progrès qui opère grâce aux inventions, le second étant celui de détresse. 

 

Or le vivant vit en dessous de ses moyens pour pouvoir assimiler les fluctuations, les aléas de son existence qu’il voudrait heureuse et paisible. Peut-être est-ce une indication à l’adresse des compagnies pour savoir comment gérer les stocks de marchandises. Toujours est-il, c’est certainement une indication pour savoir comment gérer les énergies, peu ou prou renouvelables.  

 

Elle ne jure que par le vivant qui s’autorégule pour tirer le meilleur de lui-même, sans trop se fatiguer. La supra structure de sens de l’humain visiblement n’est pas au programme de ses préoccupations. Une scientifique, sans doute brillante, et c’est finalement ce qui compte, on ne peut pas être bon en tout, il ne faut pas prendre les autres pour des puits de sciences qui suscitent admiration et soumission, ou alors prendre les autres pour des puits totalement empoisonnés ou ensablés. 

 

C’est une chance de pouvoir l’écouter dans son domaine de compétences, cela permet d’être plus attentifs au besoin de corriger nos vues sur l’univers jetées de haut de nos superstructures de sens qui, tout en étant importantes pour tenir compte des aspects visibles et invisibles du réel, ne peuvent pas pousser dans nos têtes sans aucun contrôle de qualité ni des matériaux de bases dont elles sont construites ni de la pertinence de connections internes qui les constituent. 

 

15,40 Table ronde. Lavoine est réalisateur de films, comme Les baroudeurs de Dieu qui porte sur la vie de quatre prêtres missionnaires des Missions étrangères de Paris, (qu’il serait bon de voir à la CCFHK ou autrement) etc, dans une thématique similaire. 

 

D’un charpentier (en suivant la formation chez les compagnons de France, si je ne me trompe pas), il est devenu, malgré lui, par hasard (?) quelqu’un d’engagé dans l’aventure de la foi. Ce dont il témoigne au travers des scènes de la vie quotidienne. 

 

Par exemple, en Inde il interviewait des femmes victimes d’abus qui acceptaient de témoigner au risque d’être ostracisées ou pire. Cela me fait penser à tous ces témoins directs (ONG, journalistes, missionnaires etc) qui opèrent dans des zones dangereuses en s’exposant à de tels risques ou semblables. 

 

Jean, le canadien se décrit comme un moine laïc marié; une belle définition de l’engagement chrétien de tout baptisé. Un moine laïc marié veut être lui-même, car être soi-même veut dire n’est pas être ce que les autres sont. 

 

Un des paradoxes de la singularité des destins dans la masse d’inconnus. Je ne sais plus qui parmi les intervenants l’a dit, mais cela mérite d’être noté. 

 

C’est comme une conclusion de la journée, après cette table ronde je pars à l’hôtel pour une pause bien méritée avant de rejoindre Marcel pour dîner dans un petit bar-resto local avec la quenelle de Lyon au programme. Même si leurs porteurs sont semblables, les tabliers ne sont pas les mêmes. 

 

Deuxième jour 

 

Table ronde sur le thème de Voir en grand, la conclusion de la veille sur la singularité de chaque être vivant l’a bien préparé.

 

Loïc Finaz (hors gabarit de beaucoup de points de vue), vice-amiral de la marine française etc. Aimer ces hommes c’est s’exposer à les protéger, tous embarqués sur le navire de la protection d’un ensemble plus vaste. Jusqu’à protéger contre!? Le témoignage de l’alpiniste revient immédiatement. Contre le danger auquel on expose la vie concrète. 

 

70 ans d’une parenthèse (rien avoir avec la librairie française de ce même nom à Hong Kong) où on pensait que la loi (internationale) pouvait s’imposer pour régir le monde. La parenthèse qui durant laquelle rien n’a empêché tant d’atrocités, dont certaines sont qualifiées de génocides intervenus après l’Holocauste de la seconde guerre mondiale. 

 

L’amiral poursuit en constatant qu’ici comme partout ailleurs en général, la loi du plus fort reprend ses droits tout naturellement. Me reviennent les expressions lues il n’y pas longtems, dont les auteurs prétendent que cette parenthèse n’est qu’une vue d’esprit. 

 

Selon eux, le droit international continue à imprégner les comportements et les décisions de ceux qui gouvernent notre vaste, et trop petit pour certains monde. 

 

J’ai envie d’y croire, car la légitimité de la civilisation infusée d’esprit biblique et donc en grande partie chrétienne en dépend. 

 

Mais si j’ai envie d’y croire ce n’est pas pour sauver ce qui est menacé, même si ceci est vrai, mais parce que ce qui est menacé constitue le plus grand cadeau fait à l’humanité. Il serait dommage de s’en priver.

 

Selon le vice-amiral pour voir en grand, il faut prendre en compte la “géographie personnelle”, en tenant compte de quatre éléments de base :

Mission, sens, circonstances, des hommes.

 

Selon lui, la société n’a pas de problème d’autorité mais elle a le problème de sens. 

 

Aimez vos hommes et femmes qui vous sont confiés. Le Christianisme n’est pas seulement moderne, il est ultra bien équipé pour aider le monde. Là aussi je n’ai pas seulement envie de croire, je le sens, je le sais et m’en sers tous les jours dans les divers accompagnements, de personnes et de projets.

 

Pour voir en grand, il faut vivre en grand, ce qui veut dire pour lui : 

  • lire les documents des EDC (un site très bien achalandé, mais j’ignore si il est ouvert à tous, ou seulement aux membres), 
  • inscrire l’entreprise à long terme et pour le bien commun. 

 

Quant à elle, la directrice de la Procure, impressionne par son savoir dire direct, sans jugement ni grandiloquence. Elle témoigne de son expérience de victime d’abus et explique comment elle a pu l’intégrer dans sa vie et même la dépasser. 

 

Voir en grand, plus grand que ce que les circonstances suggèrent, trouver le sens à la mission de sa vie, ce qui suppose rigueur et robustesse. Si la rigueur peut se laisser accompagner de souplesse et de délicatesse, la robustesse ne fait jamais le bon attelage avec la mollesse.

 

11 h atelier entreprise familiale

 

Deux témoignages.

 

Comment initier les enfants à la transmission dynamique du patrimoine familial ?

 

Durant deux ans une réflexion fut menée sur la relation entre l’entreprise familiale et la famille (cousins).

 

Une nouvelle génération d’héritiers qui construira leur mode opératoire d’entreprenariat. Apprendre à écouter les enfants et respecter tous les avis. (N’est-ce un peu utopiste quand il faut décider?)

 

Transmission et unité familiale. Pour susciter et pérenniser la bonne entente familiale, la charte familiale signée entre cousins peut aider pour construire les relations avec respect de la liberté de chacun, signée entre les cousins.

 

Donation transgénérationnelle à taux fiscal très bas est une chance pour conserver le patrimoine et donner toutes les chances à sa croissance. 

 

12 h

 

Liban avec Joe et un couple d’entrepreneurs dans l’architecture. 

 

Je m’attendais à entendre du déjà entendu, il y en avait, mais le témoignage de Joe était à la hauteur du drame libanais, laissant beaucoup la bouche bée, le bec dans l’eau. 

 

Cet atelier est présidé par Emmanuel Blin, une vieille connaissance croisée au détour de diverses rencontres et initiatives aux sein des EDC France et à l’international, en qualité d’ancien référent du bureau de Paris pour les communautés d’expatriés. M’a beaucoup marqué son témoignage lors de ma première rencontre à Paris sur son itinéraire professionnel accroché aux ailes de la jet set, suivi d’un gentil rappel à la vie un peu plus réelle. 

 

Mais c’est pour écouter les Libanais et Joe en particulier que j’avais choisi cet atelier. 

Joe parlant de la situation actuelle de son pays, énumère plusieurs pépites, parmi lesquelles : 

 

Chrétien du Liban est fédérateur. Et il développe comme suit.

 

Il fait d’abord un constat, en France on choisit la laïcité avec courage. En passant ses années d’études en France, il voyait que la laïcité comme chaudron de la mixité sociale supposée réussie, en fait ça ne marchait pas. Il s’est alors lancé dans la recherche de la vérité, et pour cette raison, il peut être là où il est aujourd’hui, au Liban. 

 

En parlant du Liban, il constate: 

 

J’espère que nous avons atteint le niveau d’inconscience de la casse que cela nous réveille enfin.

 

Si on a un plan B, les chances sont alors grandes que le plan A échoue.

Si, en vertu de mon plan B, je suis prêt à tout moment à prendre ma valise et partir ailleurs, si c’est comme cela, cela ne va pas marcher.

 

En revanche quand on ne veut pas se donner d’autres choix que de faire réussir son plan A unique qui est de rester au Liban, de rester quoi qu’il arrive en tant que Chrétiens d’Orient, alors on a des chances de réussir, parce que le seul choix qu’on a alors, c’est de traverser la tempête quoique cela nous en coûte.

 

La voix d’une franco-libanaise, dans la discussion se lève pour constater que nous ne sommes pas les chrétiens de l’Orient, mais que « vous, vous êtes les chrétiens de l’Occident ». Une remarque qui n’a pas fait mouche, mais qui a fait tilt chez beaucoup, dont moi-même.

 

Et Joe réagit comme suit:

« Rappeler que ces chrétiens d’Orient qui ne sont pas des habitants de Rome, de Lutèce et qui ont décidé de s’aventurer un peu trop loin, qui se sont mis dans une situation difficile et s’attendent maintenant à ce que les occidentaux viennent les secourir.

 

Non, nous ne sommes pas les habitants de Rome, nous sommes les habitants de la terre où c’est avec le Christ que tout a commencé, et il faudrait à mon avis entretenir et maintenir cette présence de Jésus-Christ, il est né au Proche-Orient, à moins de 100 km de chez moi, ceux qui nous ont fait le plaisir de venir visiter le Liban le savent (je me sens concerné, touché).

 

Avec nos visiteurs français des ” EDC “, nous avons été sur les traces du Christ, aussi près que leur ambassade les y a autorisé, près de Cana où le miracle des noces a eu lieu et qui se trouve au Sud du Liban, que vous voyez aujourd’hui au Palais de Trévise.

 

Le Liban est, géographiquement et culturellement, à la croisée entre l’Orient et l’Occident.

Il est le sujet de toutes les convoitises, et l’objet de toutes les persécutions. Toutes les puissances du monde y sont présentes, et Beyrouth comporte la plus forte densité d’espions au kilomètre carré. » 

 

Et il poursuit:

 

« C’est mon côté un peu révolté. Quand je pense à Bethléem, il y a plusieurs niveaux de considérations :

Il y a le catéchisme du petit Jésus de la nativité, dans la crèche, entre le bœuf et l’âne gris (pour ceux qui se souviennent de cette chanson de Noël).

Il y a aussi les nouvelles télévisées, les horreurs, les destructions…

Et moi, je me pose la question, et je vous la pose : est-ce que c’est de la même ville qu’il s’agit ? Est-ce que c’est la même ville chrétienne ?  

 

Vous m’excuserez, je ne suis peut-être pas politiquement correct, chacun fait ce qu’il peut, je voudrais conclure par ceci :

 

Vous avez en français deux termes, l’espoir et l’espérance. Les Anglais n’ont qu’un terme: “hope”, et on ne sait pas trop s’il correspond au premier ou au second terme français. J’ai demandé à notre guide spirituel de m’expliquer la différence entre l’espoir et l’espérance. Il m’a répondu: ” l’espérance, c’est quand il n’y a plus d’espoir”. 

 

C’est dire que j’en ai été très frustré.

Avec le temps, j’ai révisé cette définition, et pour moi, aujourd’hui, elle s’exprime comme suit:

“Quand il n’y a plus aucun espoir que la solution vienne d’elle-même, l’espérance consiste à relever ses manches et à créer la solution soi-même.”

Telle est peut-être cette résilience que nous possédons, nous les Libanais.”

 

Fini par standing ovation (3ème en 73 h, dixit Joe). 

 

Eli et sa femme ont créé erga architectures, 25 pays ils ne s’arrêtent jamais, tout fonctionne. Le travail donne courage et force.

 

Joe s’accroche à sa décision : je mourrai au Liban.

 

Une franco-libanaise : je ne suis pas chrétienne de l’Orient, vous êtes les chrétiens de l’Occident. 

 

La France n’est plus une grande puissance. Mais nous avons besoin de sa voix. 

 

 Clore pour éclore sans chloroforme (RK) 

 

Le soir, c’est le spectacle sur la vie de Philippe Vrau dont est hérité le nom du prix présenté par une troupe locale à Lyon lors des journées qui m’a permis de saisir l’impact de cet homme effectivement imprégné des valeurs chrétiennes dès son plus jeune âge. Adolescent, il est à la fois l’enfant de son milieu et très attentif à ce qui se passe dans la société ambiante. 

C’est ainsi qu’il se trouve en face d’une situation de misère extrême qu’il ne peut pas ignorer. Il aide une jeune femme à s’en sortir, ce qui les marquera tous les deux en devenant des collaborateurs de la bonne cause, celle de l’attention aux besoins des autres.  

Tourné tout entier vers l’entraide à cause de sa grande sensibilité chrétienne, il envisage d’entrer au séminaire pour servir les autres à cause de Dieu premier à être servi. La discussion avec son père le fait changer d’avis, oui sans rien renier à son désir de suivre un idéal, il prendra la succession de l’entreprise familiale en se mariant et en continuant à mettre en place la charité chrétienne comme vecteur d’action missionnaire pour propager la gloire de Dieu. 

 

Après-midi surtout le spectacle sur Philibert Vrau, un entrepreneur (fabrication des bonnets) qui par son engagement Chrétien (il a voulu être prêtre, mais a compris qu’il y avait mieux à faire) inspira le pape Léon XIII. Plus d’excuses pour ne pas savoir à quoi correspond le prix de Philibert. 

 

Dimanche 15

 

En ligne de mire, la messe à la cathédrale à 11h30. 

 

J’y arrive à pied, une promenade rêvée dans Lyon ensoleillée, mais dans le froid avec un vent que l’on pourrait qualifier de sibérien. 

 

J’y arrive bien à temps, bien avant l’heure ce qui me permet de faire une petite halte à la brasserie de la cathédrale, le chocolat chaud faisant affaire. 

 

À la sacristie une belle rencontre avec surtout un prêtre avec qui très vite l’échange sur les emprises et comment nous nous défendions dans nos vies respectives a fait l’essentiel du temps mort avant la procession d’entrée de la messe présidée par Mgr Olivier de Germay ordinaire du diocèse. 

 

La messe se termine par la procession de sortie à l’extérieur de la cathédrale pour déboucher, pas de temps mort, sur la dispersion engagée pour nous mettre à l’abri du vent glacial. 

 

Soudain je suis saisie par une interpellation « à la policière » dans le style, bonjour vos papiers, et là c’est : vous êtes Remy? Oui! et on m’emmène. C’est une rencontre avec les anciens de Montmorency, Raphaëlle et Hervé, le plaisir est partagé. On déjeune dans la même brasserie que celle où le matin j’avais encore croisé les parents de Martin.  

 

Edouard Hladky, coorganisateur et Charles, prêtre accompagnateur des journées, font partie de l’équipe de Raphaëlle, maintenant j’ai leurs coordonnées. J’ai déjà essayé de contacter Édouard après avoir vu qu’il était effectivement dans le staff de l’organisation, sans succès immédiat. Mais une fois les journées terminées, il a réagi avec promesse de donner du temps à passer ensemble que j’ai accepté volontiers.

 

Je termine la bière tout seul, Raphaëlle et Hervé sont partis depuis une demie-heure. J’attends mon heure pour reprendre le chemin de l’hôtel. Cours de Lafayette tout droit et l’hôtel m’ouvre ses bras, enfin un peu de repos pour me poser et régler quelques urgences. Sans elles, que serait la vie chrétienne et humaine, celle de nos entreprises? Et sans l’Esprit saint alors? 

 

FIN