Dès le mois de septembre, le Sénat s’apprête à renouveler la moitié de ses membres. Un rendez-vous majeur qui concerne très directement les deux millions de Français établis hors de France, représentés au Palais du Luxembourg par douze parlementaires dédiés. Contrairement aux députés, les sénateurs ne sont pas désignés au suffrage universel direct. Ils sont élus pour six ans par un collège de « grands électeurs ». Pour les expatriés, ce collège de 534 votants rassemble les députés de l’étranger, les sénateurs sortants, ainsi que les conseillers et délégués consulaires. En septembre, six des douze sièges de la série 2 seront ainsi remis en jeu. Sophie Briante Guillemont, Olivier Cadic, Samantha Cazebonne, Yan Chantrel, Christophe-André Frassa et Mélanie Vogel voient leur mandat arriver à échéance. 

Mais ce scrutin se déroule dans un climat particulier, marqué par une crise démocratique de la représentation. Les grands électeurs consulaires ont en effet été choisis en mai dernier lors d’élections marquées par une très forte abstention. Avec seulement 14 % de participation, un chiffre historiquement bas proche de celui de 2021, la ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, Éléonore Caroit, a elle-même concédé un résultat décevant. Méconnaissance du rôle des conseillers, pannes techniques lors du vote par Internet ou sentiment d’abandon au quotidien : les raisons de cette démobilisation sont nombreuses.

Pourtant, le rôle de ces six sénateurs renouvelés sera déterminant pour la communauté expatriée. Dans cet hémicycle qui garantit la stabilité des institutions, leurs voix pèsent sur des dossiers très concrets. On pense à la fiscalité des non-résidents, à la situation financière de la Caisse des Français de l’Étranger, au budget des bourses scolaires ou encore au fonctionnement du réseau de l’AEFE.

D’autant que ces sénatoriales de septembre 2026 constituent le tout dernier scrutin national avant l’élection présidentielle de 2027. Elles offriront une photographie précise des forces politiques en présence, issues des dernières élections municipales. Pour les Français de l’étranger, l’enjeu est donc double : assurer la défense de leurs droits spécifiques au quotidien, tout en préparant les grandes échéances à venir. Seule condition pour faire entendre sa voix l’an prochain : être bien inscrit sur les listes électorales consulaires d’ici le 31 décembre.