Face à sa réputation parfois intimidante ou difficile d’accès, elle défend une ambition claire : « Notre mission, c’est effectivement de faire passer le message que le cinéma est pour tous. » La sélection cherche ainsi à ouvrir les portes des salles à un public large, en proposant des genres, des sujets et des univers variés.
Des recommandations pour découvrir le cinéma français
Pour ceux qui hésitent à se lancer, Julia Liotard-Vogt recommande le diptyque consacré à De Gaulle, proposé à l’ouverture les 11 et 13 novembre. Elle souligne sa richesse historique et sa manière accessible de raconter le parcours du général, tout en saluant la qualité de l’interprétation et du travail du réalisateur Antonin Baudry.
Son coup de cœur va également à Le Corset, film d’animation de Louis Clichy, dont elle admire les aquarelles, la musique et l’histoire : « C’est juste selon moi une très belle œuvre d’art. » Ce récit partiellement autobiographique se déroule dans le monde agricole à la fin des années 1980. Il suit un petit garçon qui doit porter un corset et trouve dans la musique un moyen de s’émanciper. Le film aborde aussi la relation père-fils, les difficultés du milieu agricole et les luttes intérieures de l’adolescence.
Elle conseille enfin De la comédie française, de Pauline Clément, qui réalise le film et y joue. Présent sur l’affiche du festival, il invite à découvrir les coulisses d’un lieu emblématique de Paris.
Montrer une diversité de regards
La programmation reflète certaines préoccupations de la société française contemporaine, mais ne se limite pas à l’actualité. L’équipe a cherché un équilibre entre sujets de société, découverte de nouveaux talents et diversité des formes cinématographiques.
L’animation, l’humour et l’absurde trouvent ainsi leur place, notamment à travers des films issus de la Quinzaine des cinéastes. Le festival souhaite également faire connaître au public hongkongais des acteurs, des actrices et de jeunes créateurs qu’il n’a pas encore eu l’occasion de découvrir.
Le plaisir d’une émotion partagée
À l’heure où de nombreux films peuvent être regardés à domicile, Julia Liotard-Vogt rappelle ce qui rend la salle irremplaçable : « Quand on a été dans le noir pendant une heure et demie, deux heures et que les lumières se rallument […] on a le sentiment d’émotion partagée. »
L’expérience associe des réactions intimes à un moment collectif. Cette dimension est renforcée pendant le festival par les séances suivies d’échanges avec des artistes invités ou des experts du cinéma. Pour les étudiants et les jeunes Hongkongais qui viennent en groupe, ces rencontres permettent de prolonger la découverte et la discussion autour des films.
Jean-Pierre Jeunet et les défis du festival
À propos de la venue annoncée de Jean-Pierre Jeunet, la directrice aimerait l’interroger sur son choix d’adapter Changez l’eau des fleurs, plutôt que sur le succès d’Amélie Poulain. Elle voudrait comprendre ce qui l’a poussé à revenir à la création cinématographique : « Qu’est-ce qui l’a motivé, qu’est-ce qui l’a inspiré […] et pourquoi ce livre en particulier ? » Elle se dit aussi impatiente de retrouver sa signature artistique et musicale.
Pour son premier festival à la tête de l’Alliance Française, sa principale fierté reste « la qualité des films que nous montrons ». La sélection bénéficie notamment de partenariats avec le Jewish Film Festival et le Lesbian and Gay Festival.
Cette ambition s’accompagne d’importants défis : coordination avec les distributeurs, planification des séances, accueil des talents et changements de dernière minute. Confiante dans le succès de cette édition, Julia Liotard-Vogt salue le soutien des équipes, des partenaires et des sponsors, et invite le public à profiter de cette occasion pour découvrir toute la richesse du cinéma français.
Hong Kong French Film Festival : https://www.hkfrenchfilmfestival.com/




