C’est un scrutin de plus en plus déconnecté de la réalité du terrain, où les accords électoraux dépassent les frontières et où l’intitulé des listes manque parfois de clarté. Pourtant, les quatre cent trente-trois conseillers des Français de l’étranger ont voté. Ils ont élu les quatre-vingt-dix nouveaux représentants qui siègeront à l’Assemblée des Français de l’étranger, l’AFE, répartis au sein de quinze circonscriptions consulaires à travers le monde. S’il reste complexe d’anticiper la composition exacte des futurs groupes politiques de cette assemblée consultative, les grandes lignes de la nouvelle mandature commencent à se dessiner, au-delà des alliances de campagne.
À commencer par le groupe ASFE, l’Alliance Solidaire des Français de l’Étranger, anciennement nommé « Solidaires et indépendants ». Selon les premières estimations, il pourrait rassembler entre seize et dix-huit élus sur les quatre-vingt-nix sièges de l’hémicycle.
À gauche, les Écologistes et La France Insoumise, souvent alliés durant la campagne, pourraient obtenir respectivement entre dix et douze sièges pour les premiers, et entre six et huit sièges pour les seconds. Reste à savoir s’ils feront le choix de constituer, ou non, un groupe commun. Toujours à gauche, la bannière « Français du Monde », qui rassemble des membres du Parti Socialiste, du Parti Radical et des divers gauche, est susceptible de compter entre treize et seize élus.
Du côté de la droite, Les Républicains ont multiplié les alliances locales, notamment avec le bloc central aux États-Unis ou avec l’ASFE en Suisse et en Espagne. Au total, entre dix et treize élus devraient se revendiquer de l’étiquette LR, avec l’apport de quelques profils divers droite.
Le bloc central, quant à lui, composé de Renaissance, d’Horizons et du MoDem, s’apprête à structurer un groupe d’une dizaine de membres.
Il faudra également compter sur le groupe « Les Indépendants ». Déjà installé au sein de l’AFE, ce groupe réunit des élus partageant globalement les orientations d’Olivier Cadic, sénateur des Français établis hors de France et membre de l’Union centriste. Entre huit et dix élus pourraient le rejoindre. Enfin, une poignée d’élus demeurent pour l’instant sans étiquette et pourraient conserver le statut de non-inscrits.
Le visage de cet hémicycle va continuer de s’affiner tout au long de l’été. Alors que la première session plénière de cette nouvelle AFE était initialement prévue à Paris du douze au seize octobre 2026, l’agenda devrait être bousculé par un autre rendez-vous majeur : le renouvellement de six des douze sénateurs représentant les Français établis hors de France, programmé le dimanche vingt-sept septembre.




