Pour les français.press, Julien J. Cavanagh (météorologue et professeur d’Université) installé à Atlanta et Francky L’Américain (entrepreneur dans l’Industrie) installé à Miami, ont accepté de nous donner leur regard croisé sur la société américaine face à ce conflit.

Sachez d’emblée, qu’une majorité d’Américains désapprouve la décision de l’administration Trump de frapper l’IRan. Selon un sondage CNN/SSRS, 59 % des personnes interrogées sont défavorables. Une réticence qui s’exprime jusque dans le camp MAGA, où des voix influentes, telles que Tucker Carlson et Marjorie Taylor Greene ont critiqué l’engagement militaire et la politique alignée sur les intérêts israéliens. Ainsi, Julien J. Cavanagh dit se retrouver face à un dilemme : le rejet du régime iranien et l’inquiétude face à la légalité internationale de cet engagement militaire. Il rappelle que les anciens présidents Franklin Roosevelt et Harry Truman ont créé les Nations Unis et le Conseil de sécurité, justement pour faire respecter le Droit international. De son côté, Francky L’Américain justifie l’intervention américaine par la neutralisation du programme nucléaire iranien. Il critique vivement le Joint Comprehensive Plan of Action conclu avec l’Iran en 2015 pour limiter les capacités nucléaires de Téhéran.

Chacun des deux expatriés émet aussi des critiques sur la diplomatie française, traditionnellement basée sur les alliances stratégiques. Si elle est « lisible » pour Julien J. Cavanagh, elle est empreinte « d’attention et de respect » aux yeux de la population américaine. Une position partagée par Francky L’Américain.

En revanche, le rôle d’Israël dans le conflit crée davantage le débat. Pour Julien J. Cavanagh, les Etats-Unis ont un « rôle de suiveurs », alors que Francky L’Américain y voit « une défense des intérêts stratégiques » des Américains.

Mais ce conflit a des répercussions économiques et sécuritaires. « Le conflit peut augmenter les risques d’attaques contre les intérêts américains. L’Iran pourrait répondre par des attaques contre des bases militaires américaines au Moyen-Orient, l’utilisation de groupes alliés ou milices dans la région, des cyberattaques contre les infrastructures américaines » selon le Floridien. Alors que Julien J. Cavanagh pointe davantage les conséquences sur le prix des carburants, de l’ordre de 40 à 50cts par gallon, à cause du blocage du détroit d’Ormuz.

Enfin, le conflit ne devrait faire que renforcer les fractures politiques entre démocrates qui fustigent les choix de Trump, et Républicains qui suivraient le Président américain les yeux fermés.