Depuis la mi-septembre 2026, un vaste mouvement de contestation porté par la jeunesse secoue l’Hexagone. Parti de quelques lycées franciliens, il s’est étendu à l’échelle nationale et gagne les campus. Pour vous, Français de l’étranger, faisons le point sur cette mobilisation au cœur d’un climat social tendu. Tout commence le 18 septembre au lycée Saint-Exupéry de Créteil, où des élèves protestent contre des absences d’enseignants non remplacés. La colère gagne rapidement une soixantaine d’établissements d’Île-de-France, puis de nombreuses régions dès le 28 septembre.

Relayées en masse sur TikTok ou Snapchat, les revendications sont matérielles et logistiques : Le recrutement et le remplacement des professeurs absents. La baisse des effectifs dans des classes surchargées. L’augmentation globale des moyens alloués à l’éducation. L’amélioration de l’état des bâtiments scolaires. Des critiques visant la plateforme Parcoursup. La mobilisation a franchi un cap le 29 septembre avec plus de 400 établissements perturbés. Début octobre, le mouvement a connu un « acte deux » avec l’entrée en lice des syndicats étudiants, appelant à bloquer les universités.

Cette extension s’est accompagnée de vives tensions. Des barricades de poubelles incendiées ont été dressées et des heurts ont opposé manifestants et forces de l’ordre, contraintes au gaz lacrymogène. Le 30 septembre, le ministère de l’Intérieur recensait 356 lycées bloqués, 625 interpellations et 83 membres des forces de l’ordre blessés, tandis que l’Éducation nationale dénombrait 119 blessés. L’IGPN a ouvert trois enquêtes sur de présumées blessures par LBD. Face à cette crise, le Premier ministre a convoqué une cellule de crise. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé une « plateforme de concertation » pour offrir un cadre démocratique, martelant qu’il faut « impérativement que nos élèves puissent retrouver le chemin des cours ».

Au-delà de l’urgence, ce mouvement interroge la profondeur de la crise de l’école : manque de moyens, dégradation du bâti et viralité des réseaux sociaux. Mais la fronde s’est aussi politisée. Le gouvernement et Les Républicains accusent La France Insoumise d’instrumentaliser la jeunesse, pointant la présence d’élus aux côtés des bloqueurs, à l’image du maire de Saint-Denis visé par un signalement judiciaire. De son côté, LFI, par la voix de Jean-Luc Mélenchon, fustige la répression et réclame la diffusion des images d’interventions. Entre urgences matérielles et polarisation politique, le mouvement est à la croisée des chemins, tiraillé entre la concertation voulue par l’exécutif et la fermeté sur le terrain.