Comme chaque année, le Henley Passport Index publie son classement des passeports les plus puissants du monde. Les critères reposent sur la capacité à voyager sans visa et le nombre de destinations offertes par notre passeport. Un bon révélateur des équilibres diplomatiques mondiaux.

Premier enseignement, la France résiste à la 4è place mondiale, ex-aequo avec l’Autriche, la Belgique, la Finlande, l’Allemagne, la Grèce, l’Irlande, l’Italie, les Pays-Bas et la Norvège. Mais son score diminue, avec 135 destinations possibles sans visas, auxquelles il faut ajouter 41 destinations avec un visa d’entrée sur le territoire. Ce qui porte le total à 176 pays “visitables”, contre 189 l’an dernier. Par exemple, la Namibie a rétabli l’obligation de visa pour entrer sur son sol quand on est français, par principe de réciprocité. Le Sénégal a, lui aussi, annoncé qu’il souhaitait « appliquer la réciprocité » aux pays qui imposent le visa aux citoyens sénégalais, citant notamment la France et les États-Unis. En tout, ce sont 25 pays qui exigent un visa avant leur départ aux touristes français, dont l’Afrique du Sud, l’Arabie Saoudite, le Chili, la Chine, la Corée du Sud, l’Egypte, l’Indonésie, le Méxique, la Nouvelle-Zélande, les Philippines, le Sri Lanka, ou encore le Venezuela.

Et la géopolitique pèse forcément dans ces résultats. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni, respectivement 10è et 6è de ce classement, perdent du terrain. Les incessants remous de Donald Trump ont poussé plusieurs pays à durcir leurs conditions d’accès aux citoyens américains. Or, la montée la plus spectaculaire dans le classement concerne les Emirats Arabes Unis, désormais 5è. Le leader reste, cependant, Singapour, dont le passeport donne accès à 192 pays, devant la Corée du Sud et le Japon (188). Le Danemark, l’Espagne, le Luxembourg, la Suède et la Suisse complètent le podium, avec 186 pays accessibles grâce à leurs passeports.