Un retour impulsif et généreux

Agnès Seelinger avoue que ses envies sont souvent impulsives. « C’est quelque chose que j’ai joué il y a 17 ans, et j’avais l’impression de ne pas avoir terminé cette aventure. » Elle explique que le trac, cette émotion si particulière des acteurs, lui manquait. « Quand on travaille pour une fondation caritative, il n’y a zéro possibilité de faire mal. Tout ce que vous ferez sera forcément formidable. » Pourtant, lors d’une tournée à Singapour, elle a ressenti un trac intense. « J’ai entendu cette phrase que je disais aux acteurs : “Le trac, c’est normal”. Et là, il est parti. » Elle se sentait enfin dans un élément charitable, généreux et bienveillant.

 

Un texte transformé en multilogue

Agnès a adapté le texte original pour en faire un « multilogue », où elle incarne plus de 15 personnages. « Le moment précis où le texte a pris une nouvelle direction inattendue, c’est quand le tigre est apparu. » Elle se souvient de sa réaction : « Comment vais-je faire un tigre ? » Avec l’aide de Didier Caron, un auteur et ami, elle a trouvé la solution : « Baguera, sur sa branche, en train de se lécher la patte. » Le tigre est devenu un personnage à part entière, apportant une dimension visuelle et comique à la pièce.

 

Une préparation physique intense

Enchaîner 15 personnages en un seul spectacle demande une préparation rigoureuse. « On fait du cardio. Je me suis remise au cardio, à la gymnastique, aux vitamines, à la créatine. » Agnès aborde ce défi comme un marathon. « J’ai une formation de danseuse. Je sais ce que c’est que de faire 30 heures de danse par semaine. » Chaque personnage a ses propres marqueurs : « Il y a le regard, les voix, les positions du corps. »

 

Une fin révélatrice

Ce qui a marqué Agnès, c’est la fin du monologue. « C’est la fin qui m’a fait prendre la dimension totale de l’histoire qui se cache derrière le comique. » Elle souligne que « les enfants voient tout ce qui est drôle, et les parents voient l’histoire qui se cache derrière. » Une comédie dramatique qui touche tous les publics.

 

Un projet en cantonais

Agnès évoque une version en cantonais de « On a feulé chez M. Sloop ». « On va avoir des surtitres en anglais et en cantonais. » Elle a déjà repéré un acteur pour interpréter la pièce en cantonais l’année prochaine. « Je vais l’adapter à la hongkongaise. » Elle travaille avec Annie Au Yeung pour une traduction qui respecte l’esprit du texte.

 

Un partenariat éducatif

La pièce est soutenue par le Lycée Français International. « Il y aura une représentation offerte aux élèves, ainsi que des ateliers de développement personnel. » Agnès utilise des exercices de théâtre pour aider les élèves à « prendre la parole en public, se positionner sur scène, préparer leurs entretiens. »

 

Un message universel

Agnès insiste sur l’importance de l’écoute et de la sensibilité, un apprentissage clé de son travail en Chine. « Je dois rester extrêmement vigilante. C’est une écoute multidimensionnelle : visuelle, tactile, respiratoire, verbale. » Elle applique cette philosophie dans ses ateliers et dans sa vie quotidienne.

 

Informations :

« On a feulé chez M. Sloop » est un spectacle drôle et touchant, où Agnès Seelinger incarne une galerie de personnages hauts en couleur. « Venez voir le spectacle et amusez-vous tout en soutenant la Fondation. »

Théâtre : « ON A FEULÉ CHEZ MR SLOOP »

  • Vendredi 17 avril à 19h
  • Samedi 18 avril à 19h et 16h
  • Fringe Club – Central, Underground Theatre
  • En français avec surtitres en anglais et cantonais
  • Billetterie : art-mate.net

Photos : @SophieBonninRocher