Car le financement de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger cristallise les tensions politiques. Les députés Karim Ben Cheikh et Frédéric Petit s’opposent. Le premier conteste « l’urgence budgétaire », quand le second défend des chiffres différents de ceux issus des rapports officiels.
Si un excédent de 3 millions d’€ a été annoncé lors du conseil d’administration du 11 mars dernier, la réalité financière du réseau reste profondément dégradée. Ces 3 millions repriseraient en fait sur un décalage de 11 millions de bourses vers 2026 et le recouvrement ponctuel de 10 millions d’€ de créances. L’AEFE parle, elle-même, de « trompe-l’oeil » dans un message sur Linkedin, le 21 mars. D’autant que l’Etat a baissé sa subvention de 14 millions d’€ en 2025, alors que le déficit chronique est estimé à 66 millions d’€ par an. La dotation consacrée aux aides à la scolarité des bourses baisse de 4,5 millions d’€ en 2026, pour s’établir à 107,03 millions d’€. Quant à la subvention pour charges de service public (SCSP), elle s’élèverait à 396,09 millions d’euros en 2026, contre 410,92 millions en 2025, soit une baisse de 3,61 %, selon le rapport de gestion 2025 datant du 2 mars dernier. Cette enveloppe comprend les frais généraux de l’agence mais aussi les dotations qu’elle attribue, principalement, aux établissements en gestion directe. Les établissements partenaires pourrait également contribuer à hauteur de 4% de leur chiffre d’affaires.
La plupart des établissements français à l’étranger pourraient également répercuter ces résultats sur les familles. Les frais de scolarité sont actuellement estimés à 400€ par élève en 2026. La masse salariales des personnes détachées pourrait aussi être revue.
L’AEFE évoque également une réduction des postes de personnels détachés, un recours accru aux recrutements locaux et/ou une limitation des détachements à environ 6 ans afin de freiner la progression de la masse salariale. L’agence devrait aussi déprogrammer 7 millions d’€ d’investissements immobiliers et un ralentissement général des dépenses dans les établissements en gestion directe. Et malgré les ajustements, l’AEFE informe que la trésorerie se maintiendrait à un niveau critique. Beaucoup d’inconnues existent dans le budget de 2026. Vous retrouverez plusieurs podcasts à écouter sur le sujet, sur notre site lesfrançais.press




