Annulations de vols, surcoûts et incertitudes sur les prochains jours, on fait le point sur la situation dans cette chronique.
Car dès les premières frappes, le 28 février, les trois grands hubs du Golfe – Dubaï, Abou Dhabi et Doha – ont été affectés. Ainsi, plus de 1 800 vols opérés par Emirates, Qatar Airways et Etihad ont été annulés en moins de 48h. 40% du trafic régional ont même été annulés en une seule journée. De plus, la hausse du prix du pétrole (+30 % depuis le début de l’année) et les détours imposés ont entraîné une augmentation significative de la consommation de carburant, directement répercutée sur le prix des billets. Alors que les attaques de drones sur les réservoirs de carburants ont également fait suspendre des vols par mesure de précaution.
Les couloirs de vols deviennent donc de plus en plus étroits, car ces fermetures s’ajoutent à celles de l’espace aérien russe depuis 2022.
Ainsi, pour la semaine à venir, les vols venant d’Europe vers l’Asie seront encore fortement perturbés et vont devoir privilégier les vols directs via le Nord ou l’Afrique. Le trafic sera sporadique vers les hubs du Golfe, et il faut éviter les correspondances par Dubaï et Doha jusqu’au 28 mars. Les vols transatlantiques sont quasi-normaux, mais avec une hausse des tarifs pour anticiper les surcharges de carburants de dernière minute. Enfin, les vols locaux au Moyen-Orient sont paralysés, ou réservés aux vols gouvernementaux. Les compagnies Lufthansa et Air France/KLM suspendent leurs vols vers les grandes métropoles du Golfe jusqu’au 28 mars. Et les Français résidant en Thaïlande, au Vietnam ou à Singapour, les liaisons via Bangkok ou Singapour (directes vers Paris) restent les options les plus fiables, bien que les tarifs soient en hausse de 30 % à 40 %.
La suite sera conditionnée par la fin du conflit ou l’enlisement. Mais même en cas de cessez-le-feu, il faudra attendre 10 à 15 jours pour la réouverture des couloirs aériens et une stabilisation des prix du kérosène. Mais si il y a enlisement, alors les hubs du Golfe seront remplacés par Istanbul et Nairobi. Mais cela signifiera aussi des prix ce billets durablement élevés (à cause de la rareté du pétrole), et une offre réduite vers l’Asie et l’Océanie.
Enfin, pour les Français de l’étranger, vérifiez bien les annulations en temps réel ; anticipez les surcoûts et tenez-vous informer des évolutions géopolitiques. C’est en tout cas un tournant dans l’histoire du transport aérien mondial.




