Du 16 au 21 août 2026, 2 351 lecteurs de Lesfrancais.press ont répondu à notre consultation sur la scolarité de leurs enfants à l’étranger. Les résultats révèlent un paradoxe saisissant : alors que l’image du réseau AEFE – l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger – reste positive, seulement un tiers des familles expatriées l’utilisent effectivement.
Parmi les répondants, environ 31 % ont des enfants en âge d’être scolarisés. Pourtant, l’école locale arrive largement en tête, avec 63,3 % des voix. Les établissements AEFE ne captent que 36,6 % des inscriptions : 13,3 % en gestion directe, 13,3 % en conventionné, et 10 % en homologué. Le réseau, malgré son prestige, ne parvient pas à convaincre la majorité des expatriés.
L’analyse montre que l’attrait pour le système français est réel : continuité pédagogique, préparation au retour, reconnaissance des diplômes. Mais un frein majeur est massivement cité : le coût. 65,38 % des répondants pointent les frais d’écolage comme la première barrière. Dans certains pays, ils dépassent 10 000 € par an et par enfant, un budget difficilement assumable sans soutien financier. Deuxième frein : la distance géographique, citée par 30,77 % des familles. L’offre y est souvent trop éloignée ou inexistante. Autre motif récurrent, cité lui aussi par 30,77 % des répondants : le rejet de la « bulle française ». Les parents refusent que leur enfant reste uniquement entre expatriés et préfèrent une intégration locale.
Enfin, si le niveau pédagogique n’est contesté que par 3,85 % des parents, la crise actuelle du réseau – tensions sociales, difficultés de recrutement et changement de direction – renforce les doutes.
D’abord, rendre l’AEFE plus accessible financièrement : simplifier et mieux communiquer sur les bourses, développer des partenariats avec les employeurs, et proposer des tarifs différenciés selon les revenus. Ensuite, renforcer l’intégration locale : développer des partenariats avec les écoles du pays, valoriser les passerelles et mettre en avant la mixité sociale pour casser l’image d’un réseau élitiste. Enfin, proposer des solutions hybrides : le réseau Flam pour le maintien du français, les sections françaises dans les écoles locales, ou les cours en ligne du CNED, pourraient l’y aider.
Cette consultation révèle un décalage flagrant : les expatriés sont attachés à leur langue et leur culture, mais le réseau AEFE doit se réinventer pour répondre à leurs besoins réels et leurs aspirations.




