C’est un périple meurtrier qui a plongé les Yvelines, et la France entière, dans l’effroi. Vendredi, aux alentours de 10h30, un homme a entamé une véritable course à la mort au volant de sa voiture. Son parcours a ciblé les communes de Trappes et de La Verrière. Sur son chemin : le square Van Gogh, une poste, une station-service, une pharmacie ou encore les abords d’une gare SNCF. Le tireur ne choisit pas ses lieux au hasard, et encore moins ses victimes, visées manifestement pour leur origine supposée. Le bilan de cette matinée de terreur est lourd et tragique. Armé d’un pistolet-mitrailleur de type STEN, une arme ancienne datant de la Seconde Guerre mondiale, l’individu a tiré en rafale. Un jeune homme de 26 ans, d’origine africaine, a perdu la vie, abattu près d’une aire de jeux. Quatre autres personnes se trouvent toujours dans un état critique, en urgence absolue. Parmi elles, une jeune fille de 12 ans touchée à huit reprises, ainsi que trois agents d’entretien de 20, 29 et 49 ans qui nettoyaient une école de La Verrière.
La traque, heureusement, aura été de courte durée. L’intervention rapide et extrêmement courageuse de cinq policiers de la BAC à Coignières a permis d’interpeller le tireur et d’éviter un carnage encore plus massif. Cet homme, c’est Kévin T., 39 ans, originaire de Saint-Cyr-l’École. S’il était connu pour des faits de délinquance anciens, il ne figurait sur aucun fichier de renseignement territorial pour une quelconque radicalisation. Pourtant, face aux forces de l’ordre, il n’a pas caché ses motivations glaçantes : il a déclaré être venu pour tuer des personnes, je cite, « qu’il considérait être d’origine étrangère ». Et la piste d’un passage à l’acte extrêmement préparé se confirme : lors de la perquisition de son domicile à Plaisir, le RAID a découvert un appartement entièrement piégé avec des bouteilles de gaz. Face à ce ciblage raciste assumé, le Parquet national antiterroriste s’est immédiatement saisi de l’enquête. Sa garde à vue a été suspendue pour raison médicale.
Et l’onde de choc a très vite secoué la sphère politique. Sur le terrain, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a salué l’action décisive de la police et des secours. Mais c’est surtout le débat sur le climat idéologique de la France qui s’est enflammé. Le maire de Trappes, Ali Rabeh, dénonce un attentat à connotation raciste, pointant du doigt une rhétorique qui banalise la haine et vient, selon ses mots, armer idéologiquement les criminels. La condamnation est unanime : de Marine Tondelier chez Les Écologistes, qui rappelle que “la violence des mots précède celle des actes”, à Marine Le Pen dénonçant un “acte barbare”, en passant par le soutien absolu de Valérie Pécresse pour la région Île-de-France. Pour les Français de l’étranger, l’événement trouve une résonance particulièrement douloureuse. Même à des milliers de kilomètres, cet attentat raciste met brutalement en lumière les fractures grandissantes de la société française, laissant une diaspora unie dans la stupeur. Actuellement, le suspect est en garde à vue, une mesure pouvant durer jusqu’à 96 heures dans le cadre d’une enquête terroriste. Les policiers s’attellent désormais à déterminer s’il a bénéficié de complicités pour mener à bien ce projet macabre.




