Frais de scolarité en hausse de 7 %, bourses gelées… De la droite à la gauche, le constat est sans appel pour le budget 2027 de l’AEFE. Sénateurs et députés des Français de l’étranger, qu’ils soient LR, Socialistes, Renaissance ou Génération.s, font le même diagnostic : le projet du gouvernement fait peser une pression financière intenable sur les familles. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les frais de scolarité grimpent encore cette année, atteignant jusqu’à 20 % de hausse dans certains établissements. Une flambée qui succède à 30 % d’augmentation sur dix ans. Face à cela, l’enveloppe des bourses fait du surplace, maintenue à 103,6 millions d’euros. Pour Jean-Luc Ruelle, sénateur rattaché LR, l’équation est insoluble : des frais qui montent, davantage d’ayants droit, et un budget figé.
Au cœur de cette dérive, un coût caché plombe les comptes : les pensions civiles des enseignants détachés. Depuis 2009, l’État verse 120 millions d’euros à l’AEFE. Un chiffre jamais réévalué. Sauf que la facture réelle atteint aujourd’hui 195 millions. Les 75 millions manquants sont directement répercutés sur les écoles, et donc sur les parents. La députée Renaissance Nathalie Coggia le rappelle : la surcotisation de l’Agence sert à combler le déficit du régime de retraite de l’État, pas à financer les droits des agents. C’est en commission des Finances que la bataille a éclaté, révélant de vraies divergences. Le député Génération.s Karim Ben Cheïkh a fait adopter 37,5 millions d’euros pour que l’État prenne en charge la moitié de ce trou budgétaire des pensions. Il a aussi obtenu près de 24 millions pour financer des postes d’enseignants.
Sur la question des bourses, Nathalie Coggia a fait voter une indexation sur l’inflation française. Une erreur de cible pour Karim Ben Cheïkh, qui souligne qu’il faut compenser les hausses réelles des frais à l’étranger, pas l’inflation hexagonale. Quelques éclaircies tout de même : un million d’euros a été arraché pour l’accompagnement des enfants boursiers en situation de handicap, et 850 000 euros ont été sanctuarisés pour les associations FLAM.
Mais attention, rien n’est acquis. Ces victoires en commission restent suspendues à un fil. Avec la menace d’un 49.3, la seconde partie du budget pourrait ne jamais être examinée dans l’hémicycle. Le Sénat hériterait alors du texte initial du gouvernement, balayant tous ces amendements. La bataille pour le portefeuille des expatriés ne fait donc que commencer.




