Depuis ce jeudi 29 octobre, François Penguilly est officiellement le nouveau directeur de la DFAE, véritable centre névralgique de la diaspora au sein du Quai d’Orsay.

Il succède à Pauline Carmona, dont le départ n’est pas lié à un remaniement de crise, bien au contraire : il s’agit d’une promotion historique. Depuis fin septembre, elle est devenue la première femme à diriger le cabinet du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Si elle laisse un vide à la DFAE après avoir œuvré à la modernisation des services consulaires, sa présence dans la nouvelle « tour de contrôle » du ministre est un signal rassurant. Vos dossiers et vos inquiétudes y sont parfaitement connus. Pour la remplacer, le ministère a fait le choix de l’expertise et de la fluidité. Loin d’être un parachuté, François Penguilly était jusqu’ici le numéro deux de cette direction. C’est un diplomate de carrière, résolument tourné vers le terrain. Passé par Alger, Jérusalem ou les Émirats, il a surtout marqué les esprits comme Consul général à Washington dès 2019. Très proche de la communauté française, fervent défenseur de l’éducation bilingue, il a ensuite piloté en interne des dossiers technologiques lourds comme le bureau du vote électronique. C’est un profil immédiatement opérationnel.

Et il va en avoir besoin, car la feuille de route qui l’attend est titanesque. Le premier nuage noir est budgétaire. Dans un climat de rigueur nationale, l’inquiétude monte. Le nouveau directeur va devoir ferrailler pour sanctuariser les budgets sociaux, et surtout les enveloppes dédiées aux bourses scolaires, alors que les familles subissent de plein fouet l’inflation des frais de scolarité. Deuxième urgence : la compétitivité de l’enseignement français à l’étranger. L’AEFE est à la croisée des chemins. L’objectif présidentiel de doubler les effectifs d’ici 2030 percute la réalité financière et une concurrence anglo-saxonne féroce. Le défi sera de maintenir l’excellence pédagogique tout en développant les parcours bilingues pour stopper la fuite des élèves. Enfin, le mur logistique de 2027. Organiser la présidentielle et les législatives pour des millions de Français sur de multiples fuseaux horaires est une gageure. Il faudra garantir une cybersécurité sans faille pour le vote par internet des législatives, et financer un maillage suffisant de bureaux de vote physiques pour la présidentielle, malgré l’austérité.

Face à une communauté expatriée parfois lasse de la dématérialisation et inquiète pour son quotidien, la maîtrise technique de François Penguilly devra très vite s’accompagner d’un sens politique aiguisé.