I.VIS 

1.    Cent ans déjà

En mars dernier (13-15) se sont tenues à Lyon dans le magnifique site d’expositions des Assises du mouvement des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens (EDC). 100 ans de l’existence du mouvement, un anniversaire qui force le respect et suppose une célébration à la hauteur de la durée de l’existence du mouvement et surtout de son rayonnement. 

 

Plus de trois milles participants sont venus de la France entière, hexagonale et d’outre-mer. Et même y étaient présents des délégués de différentes équipes créées essentiellement auprès des communautés catholiques francophones de par le monde, alors que celle du Liban mérite une attention particulière à cause de l’actualité et la manière dont ses représentants ont témoigné lors de ces journées. 

 

De ces journées, j’en faisais partie, accompagné de Frédéric qui fut à l’initiative de la création à Hong Kong en 2013 de la première équipe des EDC en dehors de la France. Je me suis laissé associer à cette initiative avec joie et intérêt pastoral qui n’ont toujours rien perdu de leur saveur pour nourrir déjà moi-même et ceux qui y consentent.

 

Depuis, nous sommes toujours parmi les moteurs et accompagnateurs, pour le moment, de trois équipes sur Hong Kong, deux en français et une en anglais. On espère en ouvrir d’autres, le besoin est immense, un véritable champ missionnaire qui ne demande qu’une friche, au demeurant exotique et tropicale mais comme l’agriculture, peut avoir meilleur rendement une fois transformée en jardin d’Eden, dont on s’y approche tant soit peu. 

 

Personnellement, je reste persuadé que ne rien faire dans ce domaine, ce serait manquer le rendez-vous avec notre devoir missionnaire. En revanche, agir en faveur de la prise de conscience auprès des francophones catholiques de Hong Kong au sujet de la place de la vision de l’Église, c’est leur fournir un outil pour les accompagner dans leur vie professionnelle.

2.                À ces débuts étaient Joseph et Léon

Le mouvement fut créé en 1926 par un poignet d’industriels de l’époque, convaincus de la nécessité de structurer leurs intuitions et leur pensée en matière d’implication de la doctrine sociale de l’Église dans la vie professionnelle marquée par la révolution industrielle. 

 

On connaît surtout Léon Harmel (1829-1915) qui est considéré comme le moteur principal de la prise de conscience à ce sujet. J’y reviendrai. 

 

Initialement ce mouvement existait sous le nom de Confédération Française des Professions. C’est une organisation patronale et syndicale chrétienne fondée en 1926 par Joseph Zamanski qui fut son premier président. Un homme au nom polonais, ma curiosité a guidé une petite recherche sur ces origines réelles.  

 

Un nom polonais

Joseph Zamanski est un industriel français, militant patronal catholique, nous renseigne Wikipédia, de père pharmacien et publiciste. Mais ce qui est plus intéressant c’est que son grand-père Thaddée Joseph Mathieu Zamanski était originaire de Vilnius en Lituanie. Élève de l’École militaire des Cadets de Varsovie, insurgée en 1830, Thaddée se réfugie en France en s’engageant dans la Légion Étrangère.

 

Joseph son petit-fils suit la formation chez les jésuites, puis diplômé de droit, en 1899 devient avocat inscrit au barreau de la cour d’appel de Paris. Étudiant, il s’engage au sein de l’Association catholique de la jeunesse française, mouvement dont sont issues la JOC, JAC et JEC, créés en Belgique et en France entre la fin des années 1920 et début des années trente et destinées respectivement aux ouvriers, aux agriculteurs et aux étudiants.

 

En 1909 il prend la direction de la rédaction de l’Association catholique-Revue du mouvement catholique social, puis devient président de l’Académie d’éducation et d’études sociales. Dès 1924, il préside les unions fédérales professionnelles des catholiques (fondées en 1905). Associées à l’union fraternelle du commerce et de l’industrie de Léon Harmel, ces unions fédérales professionnelles donnent naissance à la confédération française du patronat, futur EDC, dont il devient en 1926 le premier président jusqu’à sa mort en 1962.

 

Cependant au mouvement des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens dans ses origines est surtout associé le nom de Léon Harmel (1829-1915), un autre entrepreneur et industriel français. 

 

Durant le pontificat de Léon XIII, Léon Harmel fut son camérier secret, en travaillant avec le pape en faveur de la promotion de la doctrine sociale de l’Église qu’il applique au sein de son entreprise de filature dans la Marne. 

 

Une famille bien marquée

Chez Harmel, dans cette famille, c’est déjà une tradition que d’être attentifs aux conditions du travail des ouvriers. Son père Joseph introduit déjà “un ensemble de dispositifs originaux pour les ouvriers, imprégnés par ses conceptions morales, philanthropiques et catholiques.” 

 

La distinction entre les trois types d’approches humaines à l’égard des autres que Wikipédia reprend à partir des textes parsemés et ainsi agrégés, illustre les trois étapes, ou trois niveaux qui dans la société du XIX siècle sont bien présents pour décrire les rapports sociaux. 

 

La morale peut avoir des sources bien différentes (catholique, protestante, républicaine, libertaire/anarchiste?), mais chaque fois elle renvoie à un ensemble de règles qui régissent les relations. La philanthropie est une morale en action. 

 

Quant aux conceptions catholiques, celles-ci sont désignées dans ce qui sera le document majeur du pontificat de Léon XIII Rerum Novarum (1891) sur la révolution industrielle et la manière dont l’Église de l’époque tente à se situer.

Le père de Léon Harmel, Jacques Joseph, meurt en mars 1884. Dans son testament, il insiste sur la nécessité de respecter les valeurs des Évangiles, le don de soi, le pardon, la charité, la redistribution. 

Il prône à ses enfants d’«aimer nos ouvriers, ils étaient mes enfants, dit-il, vous reprenez ma paternité, vous continuez à les porter vers Dieu et à leur faire du bien». Le patron devient paternaliste, pater familias dont les ouvriers font partie.

Un homme d’actions innovatrices

Inutile de dire que tout ceci était mis en valeur et toujours respecté dans la famille et Léon en était une figure de proue. 

Les conceptions morales catholique intégrées dans sa conscience morale l’ont amené à considérer les ouvriers, non pas de façon purement philanthropique (une aide dispensée du haut de l’humanité qui se soucie du sort insupportable des autres) mais au nom de l’amour divin instillé dans les croyants. 

Ici se laisse distinguer la charité divine christique de la charité purement humaine.

Ainsi sont prises des initiatives, parmi lesquelles :

-la mise en place des conseils d’usine pour permettre aux ouvriers de participer à la direction de l’usine. (Rien à voir avec certains syndicats qui dans leurs jours les plus sombres se contenteraient de vouloir s’acquitter de leur devoir en épiant les faux-pas des patrons). Ces conseils sont des ancêtres de comités d’entreprises.

-dans les années 1860-61, la création des écoles pour les garçons puis pour les filles, et 

-la mise en place des assurances etc. 

Un homme de foi toujours

C’est à cette même époque que Léon Harmel entre dans le tiers ordre franciscain, en y puisant et épousant la mentalité franciscaine imprégnée de “son imperturbable optimisme et de ses enthousiasmes”. Son désir est de faire de son entreprise une sorte de communauté chrétienne où les ouvriers dirigent eux-mêmes cet ensemble d’œuvres sociales.

Sa vie était tout sauf tranquille, paisible, les aléas politiques ont eu un impact sur les affaires (comme toujours!), mais surtout la mort de sa femme le laisse seul avec 8 enfants en bas âge ou adolescents. La spiritualité franciscaine lui permet de tenir.

3.               Un Léon peut en révéler un autre. 

Jamais deux sans trois. Léon Harmel et Léon XIII se sont retrouvés sur la même longueur d’onde. De deux côtés, en parallèle et surtout en osmose réciproque ininterrompue, l’Église dans ses représentants hiérarchiques et les catholiques de base engagés dans la vie professionnelle, en travaillant ensemble, les deux Léon font sceller un pacte pour la promotion sociale de la valeur du travail et de ceux qui y participent activement. 

L’élection du cardinal américain Robert Francis Prevost a déjà été une grande surprise, car contredisant l’accord tacite (inspiré par l’Esprit Saint?! et remis en cause depuis?!) de ne pas élire comme pape un Américain afin d’éviter de ne pas donner raison aux rapprochements dommageables sous forme de collusions d’intérêt réelles ou imputées, pour l’Église catholique entre les grandes puissances. 

Alors que le nom de Léon ajouta une autre couche de surprise aussitôt provoquée par une référence apparemment inattendue. Celle-ci se voit vite dissipée par l’éclairage historique qui a permis très vite de saisir le sens du désir de nouveau pape de s’appeler Léon. 

La volonté de s’inscrire dans la continuité de son illustre prédécesseur était donc facile à suivre. En revanche, il a fallu attendre plus longtemps pour dissiper quelques doutes, craintes concernant ses origines américaines avec au demeurant une multitude de connexions génétiques couvrant dans leur ensemble grosso modo la moitié du globe.

4.                Message du pape

Le pape Leon XIV a envoyé aux participants des assises de Lyon un message signé par son bras droit Mgr Parolin, Secrétaire d’État. Il y appelle à allier efficacité et humanité, en rappelant les principes fondamentaux de la doctrine sociale : service du bien commun, vocation personnelle à valoriser, responsabilité à assumer à la lumière de la vérité.

Vatican News intitule le message en termes d’Interpellation, que personnellement je trouve pas très bien placé, car les membres des EDC n’ont pas besoin d’être interpellés, ils le sont déjà par leur vie de foi et leur engagement le prouvent, mais ils ont besoin d’être reconnus, soutenus et encouragés. Mais passons. J’y reproduis certains extraits. 

Le Pape Léon XIV. (@Vatican Media)

Pape

·       Pape Léon XIV

·       France

·       chrétiens

·       économie

·       Pape Léon XIII

 

L’interpellation du Pape aux entrepreneurs et dirigeants chrétiens français

À l’occasion du centenaire du Mouvement des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens (EDC), réunis à Lyon en France, le Pape a adressé un message aux membres de l’organisation. Dans ce texte, signé par le cardinal Pietro Parolin, le Saint-Père souligne la responsabilité particulière des entrepreneurs chrétiens dans un monde confronté à de profondes mutations économiques et sociales.

Augustine Asta – Cité du Vatican

“Dans ce message, le Pape salue d’abord «le chemin parcouru» par le mouvement au cours du dernier siècle et invite ses membres à renouveler leur engagement au service du bien commun. «Un siècle d’histoire montre comment la foi chrétienne, vécue dans le monde de l’économie et de l’entreprise, peut engendrer responsabilité, créativité et respect de la dignité humaine», écrit-il.

Selon Léon XIV, les bouleversements actuels rendent ce témoignage particulièrement nécessaire. «À une époque marquée par de profonds changements et une fragilité sociale généralisée, ce témoignage apparaît aujourd’hui plus nécessaire que jamais», souligne le Pape, évoquant les défis liés au travail, à la paix, à la justice sociale et à la protection de l’environnement.

L’entreprise comme communauté de personnes

Le message insiste sur la vocation spécifique du dirigeant chrétien, présenté comme un acteur appelé à servir la société. «La vocation du dirigeant chrétien se pense comme un service du bien commun et du développement intégral de la personne», rappelle l’évêque de Rome. Dans cette logique, l’économie ne peut être réduite à une logique purement financière. «L’activité économique […] ne peut se réduire à la seule gestion des ressources ou à la simple recherche du profit», indique le Pape.

“L’entreprise et l’économie, lorsqu’elles sont fidèles à leur vocation la plus authentique, ne peuvent être seulement considérées comme des instruments de production ou d’accumulation, mais impliquent des communautés de personnes appelées à grandir ensemble.”

Dans son message, Léon XIV souligne également la dimension œcuménique du mouvement, estimant que l’Évangile peut être «un ferment d’unité et de réconciliation, même dans le monde économique».

L’héritage de Rerum novarum

«C’est dans cette optique que s’inscrit l’enseignement de l’encyclique Rerum novarum, qui appelle les entrepreneurs à respecter la dignité de chaque travailleur et à protéger les plus faibles», écrit encore le Pape. « Cet appel reste d’actualité», et invite à «évaluer le succès d’une entreprise non seulement en termes économiques, mais aussi en fonction de sa capacité à promouvoir ce qui est humain, à unifier la société et à respecter la création», ajoute-t-il.

Miser sur les jeunes générations

Pour le Souverain pontife, la responsabilité sociale de l’entreprise ne se mesure pas seulement à «l’aune des résultats immédiats», mais aussi à sa capacité à se tourner vers l’avenir et à créer des opportunités durables. «Faire confiance aux nouvelles générations et leur offrir des opportunités, en créant des emplois stables et significatifs, n’est pas seulement un choix économique, mais un acte de responsabilité et d’espérance, capable de prévenir l’exclusion et la marginalisation.», peut-on encore lire dans le message.

“Les dirigeants chrétiens sont ainsi appelés à promouvoir une économie qui sache allier efficacité et humanité, en offrant aux jeunes non seulement du travail, mais aussi des parcours de croissance, de formation et de participation responsable, capables de générer un développement authentiquement humain.”

Un appel au dialogue et à la collaboration

Tout en renouvelant son appréciation pour le travail accompli par les EDC au service de l’Église et de la société, le Saint-Père les encourage à poursuivre leur mission «avec courage et détermination en vous sentant partie intégrante de la communauté ecclésiale et engagés dans la construction quotidienne du Royaume de Dieu», dit-il.

«Ouvrez votre cœur et votre regard, cultivez l’écoute et le dialogue entre les générations, valorisez la vocation de chacun et ouvrez-vous à la collaboration. Comme l’enseigne la parabole des talents, chaque don reçu est appelé à porter du fruit pour le bien de tous. Avancez donc avec confiance, conscients que votre engagement suscite l’espérance et porte des fruits durables pour la société.», recommande encore Léon XIV, qui conclut son message par une bénédiction apostolique et une prière confiée à l’intercession de Saint Joseph et de la Vierge Marie.”

FIN

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Version original in extenso

 « Aux membres du Mouvement des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens LYON

Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens (EDC), 

le Saint-Père souhaite adresser ses salutations cordiales et sa proximité spirituelle à tous ceux qui, réunis à Lyon pour célébrer cet anniversaire important, rendent grâce pour le chemin parcouru et renouvellent leur engagement au service du bien commun.

Un siècle d’histoire montre comment la foi chrétienne, vécue dans le monde de l’économie et de l’entreprise, peut engendrer responsabilité, créativité et respect de la dignité humaine. À une époque marquée par de profonds changements et une fragilité sociale généralisée, ce témoignage apparaît aujourd’hui plus nécessaire que jamais. Les défis du travail, de la paix, de la justice sociale et de la sauvegarde de la création sont intimement liés et exigent un regard capable d’en saisir l’unité, afin d’orienter et de faire des choix authentiquement humains.

Dans cette perspective, la vocation du dirigeant chrétien se pense comme un service du bien commun et du développement intégral de la personne.

L’activité économique, bien qu’inscrite dans les dynamiques légitimes du marché, ne peut se réduire à la seule gestion des ressources ou à la simple recherche du profit, mais trouve son sens le plus profond dans la promotion de la croissance des personnes. L’entreprise et l’économie, lorsqu’elles sont fidèles à leur vocation la plus authentique, ne peuvent être seulement considérées comme des instruments de production ou d’accumulation, mais impliquent des communautés de personnes appelées à grandir ensemble.

Dans ce cheminement, votre Mouvement, né et développé dans un esprit oecuménique, témoigne de la manière dont l’Évangile peut être un ferment d’unité et de réconciliation, même dans le monde économique. C’est dans cette optique que s’inscrit l’enseignement de l’encyclique Rerum novarum, qui appelle les entrepreneurs à respecter la dignité de chaque travailleur et à protéger les plus faibles. Cet appel reste d’actualité et invite à évaluer le succès d’une entreprise non seulement en termes économiques, mais aussi en fonction de sa capacité à promouvoir ce qui est humain, à unifier la société et à respecter la création.

Ainsi, la responsabilité sociale de l’entreprise ne se mesure pas seulement à l’aune des résultats immédiats, mais aussi à sa capacité à se tourner vers l’avenir et à créer des opportunités durables. Faire confiance aux nouvelles générations et leur offrir des opportunités, en créant des emplois stables et significatifs, n’est pas seulement un choix économique, mais un acte de responsabilité et d’espérance, capable de prévenir l’exclusion et la marginalisation. Les dirigeants chrétiens sont ainsi appelés à promouvoir une économie qui sache allier efficacité et humanité, en offrant aux jeunes non seulement du travail, mais aussi des parcours de croissance, de formation et de participation responsable, capables de générer un développement authentiquement humain.

Tout en renouvelant son appréciation pour le travail accompli par les EDC au service de l’Église et de la société, le Saint-Père vous encourage à poursuivre votre chemin avec courage et détermination, en vous sentant partie intégrante de la communauté ecclésiale et engagés dans la construction quotidienne du Royaume de Dieu. Ouvrez votre cœur et votre regard, cultivez l’écoute et le dialogue entre les générations, valorisez la vocation de chacun et ouvrez-vous à la collaboration. Comme l’enseigne la parabole des talents, chaque don reçu est appelé à porter du fruit pour le bien de tous. Avancez donc avec confiance, conscients que votre engagement suscite l’espérance et porte des fruits durables pour la société.

Confiant ce centenaire à l’intercession de Saint Joseph et de la Vierge Marie,

Sa Sainteté assure tous les participants de ses pensées dans la prière et leur

envoie sa Bénédiction apostolique.

Cardinal Pietro Parolin

Secrétaire d’État de Sa Sainteté.»

 

Impossible de passer à côté de la célébration aussi. Mais pour les détails, à la prochaine fois.

 

Fin. 

 

2026 juillet EDC assises 100 ans II Vis, CROIS, entreprends

 

II CROIS

1.    Une arrivée tardive

 

La célébration de Carême à peine terminée la veille à Hong Kong, je prends l’avion pour Paris et puis Lyon. Nous sommes vendredi matin, les séances plénières ont déjà commencé. 

Edc

 

11 h Le témoignage de l’alpiniste qui a passé 15 ans à Singapour Jordane Lienard

 

Qui parle de l’importance du second de la cordée, ce qu’elle avait comprise après la démission du premier au milieu de l’ascension, que pour être second il faut être en co-responsabilité partagée avec le premier. 

 

Anticiper, être en cordée, s’engager (« à vouloir protéger la vie, on finit par ne pas vivre »), tenir bon (cela requiert la robustesse) et toujours accepter l’imprévu comme faisant partie de la vie. (Dans le régime chrétien, l’esprit saint effleure au but des imprévisibles assumés.

 

11,30 table ronde avec l’alpiniste, président du Medef (Mr Martin commence à prendre du recul dans les situations où tout presse), de la fondatrice Immemori (pompes funèbres) qui a écrit ses peurs (face à la mort peut-être, face à la situation professionnelle dans laquelle elle se lance, sûrement) ce qui l’a libéré dans cette nouvelle expérience professionnelle, elle qui venait d’une KaK 40. 

 

14,30 témoignage de Jean du Canada qui investit dans le social avec son talent de convaincre. 

 

15 h Emmanuel Brochier ? de la faculté libre de philo. Un quart d’heure en péripatéticien déambulant entre les gradins sur la vérité mathématique, physique et existentielle, bien concentré (connecté et connectant), une réflexion qui poussait d’aller dans les profondeurs des expériences de tout témoin de sa vie, de la vie et de sa vérité. 

 

15,20 

 

Sania biologiste constate qu’à force de vivre la performance on devient vulnérable, le vivant vit en dessous de ses moyens pour assimiler les fluctuations. Elle ne jure que par le vivant qui s’autorégule pour tirer le meilleur de lui-même, sans trop se fatiguer. La supra structure de sens de l’humain visiblement n’est pas au programme de ses préoccupations. Une scientifique sans doute brillante et ce qui finalement compte, une chance de pouvoir l’écouter dans son domaine de compétences, cela permet de corriger nos vues de haut de nos superstructures de sens qui sont à en tenir compte pour être dans le réel. 

 

Lavoine réalisateur des films sur Les baroudeurs de Dieu etc, dans une thématique similaire. D’un charpentier il est devenu malgré lui, par hasard (?) engagé dans l’aventure de la foi dont il témoigne au travers les scènes de la vie quotidienne (en Inde interviewant des femmes victimes d’abus qui acceptent le risque d’ostracisation ou pire) 

 

Jean, le canadien se décrit comme un moine laïc mais marié, belle définition de l’engagement chrétien de tout baptisé.

 

Être soi-même car être ce que les autres ne sont pas, un des paradoxes de la singularité des destins dans la masse d’inconnus. C’est comme une conclusion de la journée que je marque par l’arrivée à l’hôtel et une pause bien méritée avant de rejoindre Marcel pour dîner dans un petit bar restau local avec la quenelle de Lyon au programme. 

 

Deuxième jour 

 

Table ronde sur le thème de voir en grand, la conclusion sur la singularité de chaque être vivant l’a bien préparé.

 

Loïc Finaz (hors du gabarit) vice-amiral de la marine française etc. Aimer ses hommes c’est s’exposer à les protéger, tous embarquer sur le navire de la protection d’un ensemble plus vaste, jusqu’à protéger contre!?

 

70 ans de parenthèse où on pensait que la loi (internationale) pouvait régir le monde. La parenthèse qui n’a pas empêché tant d’atrocités, dont certains qualifiées de génocides intervenues après l’Holocauste. La loi du plus fort reprend ses droits tout naturellement.

 

Pour voir en grand: 

 

Géographie personnelle, quatre éléments de base:

Mission, sens, circonstances, des hommes.

 

La société n’a pas de problème d’autorité mais de sens. 

 

Aimez vos hommes et femmes qui vous sont confiés. Les Christianisme n’est pas seulement moderne, il est ultra bien équipé pour aider le monde. 

 

Vivre en grand : lire les doc des edc, inscrire l’entreprise à long temps et pour le bien commun. 

 

La directrice de la procure avec son expérience de victime d’abus et comment elle a pu l’intégrer dans sa vie et même la dépasser : voir en grand, plus grand que ce que les circonstances lui suggèrent, trouver le sens à la mission de sa vie, ce qui suppose rigueur et robustesse. 

 

11 h atelier entreprise familiale. 

 

Deux témoignages

 

Comment initier les enfants à la transmission.

Dynamique du patrimoine familial?

 

Durant deux ans une réflexion fut menée sur la relation entre l’entreprise familiale et la famille (cousins)

 

Nouvelle génération d’héritiers construira leur mode opératoire d’entreprenariat.

Apprendre à écouter les enfants et respecter tous les avis. (C’est un peu utopiste quand il faut décider?)

 

Transmission et unité familiale. Comment garantir la bonne entente familiale (charte familiale avec respect de la liberté de chacun signée entre les cousins).

 

Donation transgénérationnelle à taux fiscal très bas est une chance pour conserver le patrimoine et donner toutes les chances pour sa croissance. 

 

12 h

 

Liban avec Joe et un couple d’entrepreneurs dans l’architecture. 

 

Je m’attendais à entendre du déjà entendu, il y en avait, mais le témoignage de Joe était à la hauteur du drame libanais, laissant beaucoup le bec dans l’eau. 

 

Présidé par Emmanuel Blin, l’ancien référent du bureau de Paris pour les communautés d’expatriés. 

 

Joe énumère plusieurs pépites, parmi lesquelles : 

 

Chrétien du Liban est fédérateur. Et il développe :

 

En France on choisit la laïcité avec le courage. En passant ses années d’études en France, il voyait que la laïcité comme chaudron de la mixité sociale supposée réussie, en fait ne marchait pas. Il s’est alors lancé dans la recherche de la vérité, et il peut être là où il est (au Liban) aujourd’hui. 

 

« J’espère que nous avons atteint le niveau d’inconscience de la casse que cela nous réveille en fin. Si on a un plan B, il y a des chances de voler à celui qui se tient à la porte et qui dit: « je suis là ». Si je suis prêt à tout moment à prendre ma valise et partir ailleurs, si c’est comme cela, cela ne va pas marcher. Par contre quand on ne veut pas se donner d’autres choix que de faire réussir son plan A unique qui est de rester au Liban, de rester quoi qu’il arrive, alors on a des chances de réussir et le seul choix qu’on a, c’est de traverser la tempête quoique cela en coûte aux chrétiens de l’Orient. » (à peu près fidèlement transcrit).

 

Une voix d’une franco-libanaise, dans la discussion se lève pour constater que nous ne sommes pas les chrétiens de l’Orient, mais que « vous, vous êtes les chrétiens de l’Occident ».

 

« Rappeler que ces chrétiens d’Orient qui ne sont pas des habitants de Rome, de Lutèce et qui ont décidé d’aller un peu trop loin, ils se sont mis dans une situation qui m’attend maintenant. 

Non, nous ne sommes pas les habitants de Rome, nous sommes les habitants de la terre, où c’est avec le Christ là-bas que tout a commencé, et il faudrait à mon avis entretenir et maintenir cette présence de Jésus-Christ, il est né au Proche-Orient, à moins de 100 km de chez moi, ceux qui nous ont fait le plaisir de venir visiter le Liban le savent. On peut aller sur les traces du Christ, on peut aller aussi près que votre ambassade l’autorise, là où le miracle des noces a eu lieu et qui se trouve au sud du Liban, que vous voyez aujourd’hui au Palais de Trévise à la croisée des cultures entre l’Orient et l’Occident. Il est le sujet de toutes les convoitises et l’objet de toutes les percussions, c’est une palissade simplement, nous avons la plus forte densité dans le site d’espions au kilomètre carré, toutes les puissances représentées. »

 

« C’est mon côté un peu révolté, il y a plusieurs niveaux de considérations: 

Il y a le catéchisme du petit Jésus dans la nativité dans la crèche entre le bœuf et l’âne gris pour ceux qui se souviennent de cette chanson. Il y a aussi des nouvelles télévisées et moi, je pose la question et je vous la pose: est-ce que c’est la même ville, est-ce que c’est la même ville chrétienne?  

 

Vous m’excuserez, je ne suis peut-être pas politiquement correct, chacun fait ce qu’il peut, je voudrais conclure par ceci : vous avez en français deux thèmes, l’espoir et l’espérance. Les Anglais n’ont un terme, on ne sait pas trop s’il correspond au premier ou au second. J’ai demandé de m’expliquer la différence entre l’espoir et l’espérance. C’est l’espérance quand tu as plus d’espoir, c’est dire que j’étais très frustré. Avec le temps, j’ai révisé la définition et pour moi aujourd’hui elle s’exprime comme suit: comme il n’y a plus aucun espoir que la solution vienne d’elle-même, l’espérance consiste à relever ses mains et à créer la solution soi-même, les Libanais ainsi.

 

Fini par standing ovation (3-eme en 73 h dixit Joe. 

 

Eli et sa femme ont créé erga architectures, 25 pays ils ne s’arrêtent jamais, tout fonctionne. Le travail donne courage et force, 

 

Joe, s’accrocher à la décision: je mourrai au Liban.

 

Une franco-libanaise: je ne suis pas chrétienne de l’orient, vous êtes les chrétiens de l’occident. 

 

La France n’est plus une grande puissance. Mais nous avons besoin de sa voix. 

 

 Clore pour éclore sans chloroforme (RK) 

 

(Personnellement c’est le spectacle sur la vie de Philippe Vrau dont est hérité le nom de prix présenté par une troupe locale à Lyon lors des journées qui m’a permis de saisir l’impact de cet homme effectivement imprégné des valeurs chrétiennes de plus jeune âge. Adolescent, il est à la fois l’enfant de son milieu et très attentif à ce qui se passe dans la société ambiante. 

C’est ainsi qu’il se trouve en face d’une situation de misère extrême qu’il ne peut pas ignorer. Il aide à une jeune femme s’en sortir. Ce qui les marquera tous les deux en devenant des collaborateurs de la bonne cause, celle de l’attention aux besoins des autres.  

Tourne tout entier vers l’entraide à cause de sa grande sensibilité chrétienne, il envisage d’entrer dans la semaine pour servir les autres à cause de Dieu premier à être servi. La discussion avec son père le fait changer d’avis, oui il sans rien renier à son désir de suivre un idéal, il prendra la succession de l’entreprise familial en se mariant et en continuant à mettre en place la charité chrétienne comme vecteur d’action missionnaire pour propager la gloire à Dieu.) A mettre ailleurs 

 

Après-midi surtout le spectacle sur Philibert Vro, un entrepreneur (fabrication des bonnets) qui par son en gage ment Chretien (voulu être prêtre, mais a compris qu’il h avait mieux à faire) inspira le pape Léon 13. Plus d’excuses pour ne pas savoir à quoi correspond le prix de Philibert. 

 

Dimanche 15

 

En ligne de mire la messe à la cathédrale à 11,30. 

 

J’y arrive à pied, une promenade rêvée ensoleillée, mais dans le froid que le vent fait qualifier de sibérien. 

 

J’y arrive bien à temps, bien avant pour faire une petite halte à la brasserie de la cathédrale et chocolat chaud faisant affaire. 

 

À la sacristie une belle rencontre avec surtout un prêtre avec qui très vite l’échange sur les emprises et comment nous nous défendions à fait l’essentiel du temps mort avant la procession d’entrée de la messe présidée par Mgr Olivier de Germay qui se termine par la procession de sortie à l’extérieur de la cathédrale pour déboucher, pas de temps mort, vient tout de suite la dispersion engagée, une interpellation « à la policière » bonjour vos papiers, vous êtes Remy, oui. Une rencontre avec les anciens de Montmorency Raphaëlle et Hervé, le plaisir est partagé. On déjeune dans la même brasserie que celle où le matin j’avais encore croisé les parents de Martin.  

 

Édouard Hladky et Charles font partie de l’équipe de Raphaël, maintenant j’ai leurs coordonnés. J’ai essayé de contacter Édouard après avoir vu qu’il était dans le staff de l’organisation, sans succès immédiat. Je termine la bière, ils sont partis depuis une demie heure. J’attends mon heure pour reprendre le chemin de l’hôtel. Cours de Lafayette tout droit et l’autel m’ouvre ses bras, enfin un peu de repos pour me poser et régler quelques urgences (sans elles que serait la vie chrétienne et humaine) 

16 mars Secondes noces de Cana. 

 

Ce matin, le lendemain de la messe finale à la cathédrale, l’évangile est de st Jean ch. 4, second miracle de Cana. Mais pour moi,c’est la suite des noces de Cana, car ce que Jésus a initié en son temps, nous avons à faire dans son sillage. Ce n’est pas de seconde main, c’est toujours en prolongement de son action et inspirés, sous la Motion de son Esprit, qui est toujours aussi surprenant car imprévisible tout aussi dans ses actions sur l’impact que cela a sur ceux qui sont impliqués dans ses affaires (on n’est sûr d’avoir des surprises, sans pour autant connaître leur goût pour les papilles de nos sentiments et émotions. 

 

Secondes noces de cana concernent un autre miracle, mieux un autre signe, celui de la guérison non pas d’une situation (ils n’ont plus de vin) mais du corps d’un fils qui est à toute son extrémité. Il va être libéré de son mal à la septième heure, la même que celle à laquelle l’auteur de la guérison sera en train d’expirer. La Bible est pleine de signes de contradiction qui embrouillent les cartes d’une lecture simple, lisse, lisible surtout à la surface, mais qui invite d’aller plus loin dans les profondeurs, en dépit d’une cartographie de sens qui loin d’être claire invite soit à mettre de l’ordre ou d’abandonner, ce qui revient au même car une fois l’ordre mis à la surface; la rationalisation de l’efficacité qui y préside n’aura pas besoin d’aller dans les profondeurs. 

 

Paris, taxi driver un Iranien comment on dit en persan la paix? Solal et la guerre Jing

 

Une autre boucle se reboucle, sans se terminer, l’actualité oblige.