Quand le temps nous rattrape

C’est la troisième et dernière partie de podcasts sur le temps de l’été. Je ne garantis pas que je n’y ferai plus aucune allusion ou référence à l’avenir plus ou moins proche, mais certainement pas de façon aussi essentielle que jusqu’à présent. 

Comme les deux précédents, celui-ci est aussi marqué de façon transversale par un thème principal. Mais ce n’est plus sur un sujet semblable à l’humour sur et dans l’Église ni sur l’histoire d’une famille. Même si des correspondances seront faciles à établir.

Ce podcast est consacré à un aspect de la vie qui contraste avec la vie et ses aspirations surtout durant les vacances. Il est consacré aux départs de tant de proches, dont chacun pour sa part avait une place importante dans ma vie. C’est ce qu’on appelle la loi des séries.

Pour ceux qui restent, les départs ne surviennent jamais dans le bon timing ; peu importe le degré d’anticipation matérielle, organisationnelle, mentale. Mais quand il y en a beaucoup, c’est beaucoup. L’accumulation crée une sorte d’overdose, qui sans provoquer des maux de têtes, marque la tête d’une tension interne qui pour être résorbée nécessite que l’on s’y arrête et la prenne au sérieux. En d’autres termes, dans des cas d’accumulations semblables, il est important de ne pas remettre à plus tard l’intégration positive d’une telle tension dans le circuit de la vie ordinaire.

Pas de drames particuliers, des situations presque bien ordinaires, presque banales. Situations dont le rapport à l’émotion ainsi activée est certain. Mais pas au point d’atteindre le degré connu dans les cas de disparitions qui provoquent des troubles de la paix intérieure, dont résultent souvent des déchirures irréconciliables avec la joie de vivre. 

Je n’ai perdu ni un membre de ma famille très proche, ni quelqu’un parmi mes amis, quelqu’un sans qui mon existence aurait été totalement chamboulée. Ce qui m’a marqué dans cette période, c’est une régularité presque métrique avec laquelle les informations arrivaient, pratiquement toutes les semaines ou tous les 10 jours.

Il ne s’agit pas d’en faire une liste exhaustive, chaque fois accompagnée d’un CV terrestre auquel serait joint le permis de trépas pour rejoindre les sphères célestes et ainsi consigner la séparation quasiment définitive de notre sphère terrestre. 

Séparation quasiment définitive, car le corps mort ou les cendres vont finir par réintégrer le circuit interne de la nature organique et non organique. A leur corps non défendant, ils vont finir par épouser la terre mère Gaïa et on cherchera toujours où se trouve leur mer-cure de père.

C’est plutôt une évocation des circonstances avec quelques détails qui les composent pour étendre une toile de fond couvrant toute cette période ainsi mouvementée, au sens de déplacements et évidemment au sens émotionnel, pour cette raison spécifique en particulier. 

Sans verser dans le pathétique ou au contraire banaliser, je propose d’avancer à l’aide de trois mots clefs, repos, repas, trépas. Je propose un tour de piste au rythme d’un tango à trois pas, que l’on ne danse jamais seul.

Repos

On n’y pense pas toujours, le repos est surtout réservé à la suppression des fatigues de la vie qui en usent. Durant les vacances, on perd du temps à ne rien faire, même si ce n’est pas vrai, car il y a toujours tant à faire, et on le fait, mais apparemment rien de productif comme c’est d’ordinaire.

Pour une fois et ceci depuis je crois, toujours durant ma vie “professionnelle”, ce qui semble marquer une césure entre un avant et un après, durant ces six semaines je n’avais pratiquement aucunement envie de travailler, travailler comme je l’entends. 

Quelques notes par-ci par-là pour glaner quelques pépites aux allures de truffes trouvées dans l’humus de ma sensibilité pour agrémenter le repas intellectuel procurant le sentiment de satisfaction d’une journée enregistrée par mon cerveau dans la catégorie utilement vécue. 

Alors que par ailleurs, je sais pertinemment que, même si le repos obtenu par ne rien faire ou alors si peu, apportera des fruits dans le futur proche, au présent les plus importantes sont des rencontres, bonnes tant qu’à faire. 

Le lendemain de mon arrivée dans mon fief familial, je suis allé aux funérailles dans la famille d’une de mes belles-sœurs. Un nouveau curé, une église débordant de personnes désireuses de s’y joindre. Nombreux d’entre eux étaient déjà là un an plus tôt pour les funérailles de l’épouse du défunt que j’avais connue bien plus que celui-ci. 

Pour le curé, fraîchement arrivé dans la paroisse, Hong Kong est presque aussi loin que la moitié de la distance entre la terre et le Ciel (exagération assumée par l’auteur de ce podcast). Une fraternité sacerdotale s’est très vite nouée, j’admirais le sérieux de son travail pastoral sans une once de soupçon sur le manque de “professionnalisme” au sens positif du terme aussi bien humainement que spirituellement parlant.

Quelques jours plus tard, avec une grande joie, j’ai prêché pour la fête de la paroisse natale en cette année 2026, l’année du 700ème anniversaire de son existence, une autre fete de commémoration a eu lieu un mois plus tard. Rien d’étonnant pour une telle endurance historique, je suis né dans une région traversée par ce que l’on appelle, pour désigner les origines du pays, la voie des Piastes (de la dynastie royale qui en a assuré les fondations)

Puis j’ai célébré un mariage à Paris dans l’église de ma première paroisse, mariage préparé à Hong Kong. Un dimanche, j’ai aussi célébré la messe sur le camping en famille, ainsi que des messes en français et espagnol à Los Angeles. Pour les activités liturgiques publiques, c’est à peu près tout.

Sinon du repos avec un peu d’activités sportives, des visites des malades et de bien portants, des rencontres organisées ou fortuites au gré des chassés-croisés des vacanciers d’ici et de là. Du repos à faire autre chose que d’habitude, à passer du temps à ne rien faire, pardon à discuter avec les uns les autres, à écouter et essayer de comprendre. Un accompagnement humain et spirituel, comme d’habitude en somme. Et de longs moments d’heureuse solitude.

Repas

Comme je l’ai dit plus haut, il y en avait aussi quelques notes par-ci par-là pour glaner quelques pépites aux allures de truffes déterrées pour agrémenter le repas intellectuel procurant le sentiment de satisfaction d’une journée utile, au moins à ce niveau-là. 

C’est dans cette occupation à la fois intellectuelle, tentée émotionnellement, que s’effectue la jonction entre le repos et le repas. Où se joint l’utile à l’agréable, les deux si facilement sortis du champ de priorités en dehors du strict vital nécessaire à la survie et à la surveillance des capacités du corps et de l’esprit.

Une expérience unique pour illustrer cet état d’esprit entre le relâchement et le lâcher prise, assumé. Celle des repas pris avec des enfants dont la croissance se déroule comme toujours dans une ambiance de grande effervescence et euphorie même pour gagner de nouveaux terrains et espaces en termes de connaissance, d’habileté et de domination. Comme l’enfant peut et doit le faire.

Ah, oui il y a eu aussi un repas au presbytère avec le curé et quelques confrères, dont un a partagé sa découverte sur la différence entre l’espoir et l’espérance dont j’ai parlé dans l’homélie. Comme partout ailleurs en Pologne aussi, l’espérance chrétienne a de l’avenir, il suffit de s’en saisir. Mais pour cela, il faut l’ancrer dans la vie concrète, sans quoi l’espérance reste une lettre morte, une feuille de promesse fanée.

À Las Vegas, la veille du 15 août, nous avons fêté l’anniversaire de ma filleule, Magda. Même si on a tous fait très attention au choix des mets, heureusement ce n’est pas moi qui ai participé à régler la totalité de la note. Là-bas, on dépense les US dollars comme nous des HK dollars, ou presque. 

A cause du repas, mais pas seulement, parfois le repos coûte cher. Ce que m’a fait comprendre déjà dans l’avion de Paris à San Francisco le voisin qui a décidé d’emmener sa femme et deux enfants : une folie, dixit lui-même. Nous avons brièvement échangé sur le repas bien propre à l’Église catholique qu’est la messe, c’est lui qui m’y a branché. 

C’est tout de même dommage, dit-il, que dans les messes il n’y ait pas plus de joie de vivre comme ce que l’on ressent par exemple à Harlem à New York. J’ai consenti, tout en observant que cela peut changer, car cela dépend de chacun… ; pour le sujet religieux ce fut réglé.

Dans le moment de silence qui a suivi, j’ai repensé au repas des noces sur le bateau-mouche à Paris qui a eu lieu quelques jours plus tôt. Le repas fut agrémenté surtout par tant de précieuses rencontres, échanges, avec connaissances communes trouvées à cette occasion. Ont immédiatement suivis les messages avec photos à l’appui pour propager la bonne nouvelle d’une telle connectabilité.

Le repas, celui pris à bord d’Air France, pour une classe économique, était tout à fait abordable à mon palais qui généralement se contente de peu de sensations. Peut-être à tort, car le plaisir de la bouche fait augmenter le niveau de bien-être. Même si je comprends les gourmets, je n’ai jamais excellé dans ce domaine. Est-ce le reliquat d’une éducation catholique ? 

Ceci m’a sans doute prédisposé à être dans une approche missionnaire consciemment assumée. Honnêtement, Hong Kong lui-même n’est pas le théâtre d’une ascèse dans ce domaine. Plusieurs kilos pris déjà au printemps (aucunement la faute à la malbouffe) n’ont pas été perdus depuis. Plus généralement, manger ce que l’on donne fait partie d’un savoir-vivre que ma culture d’origine m’a inculqué sans l’avoir conceptualisé, mais que ma culture d’adoption a très bien formulé et mis en place. 

C’est aussi autour d’un repas que nous nous sommes retrouvés entre les anciens du lycée, dont l’établissement célèbre 250 ans d’existence. Fondé par l’Abbé Kosmowski de l’ordre des Augustins (le pape Léon en est un), il a d’abord accueilli 12 jeunes de la noblesse de la région pour assurer une éducation scientifique et humaniste, tout évidemment teintée d’un esprit patriotique à l’époque où le pays allait perdre son existence étatique.

Ne pouvant pas être à la rencontre des anciens pour célébrer l’anniversaire en juin, j’ai eu des échos de première main sur qui y était et comment cela était. C’est lors de ce repas que j’ai appris une grave maladie d’un des nôtres. Stanislaw est trépassé le lendemain sans que je puisse lui rendre visite pour les adieux à la régulière, alors que je garde le souvenir d’un jeune avec qui j’ai partagé en connivence toute naturelle ma sensibilité d’adolescent.

Trépas

Et pour ses funérailles il m’était impossible d’y participer, il fallait poursuivre ma route vers Paris. Je n’ai pas pu le faire pour une camarade d’Université de Varsovie non plus, décédée quelques jours avant, alors que j’avais déjà quitté Varsovie et ses environs. 

Elle vivait dans le Nord-Est du pays, ville que j’aurais voulu visiter à l’occasion de son dernier adieu (de son vivant ou après) pour une autre raison. C’est dans cette ville qu’a vécu l’abbé Sopocko qui fut le guide spirituel et confesseur de la sœur Faustine et qui accompagna la voyante dès les origines du culte naissant de la miséricorde divine.

Pas un bon timing non plus pour les funérailles de mon successeur à Montmorency après mon départ pour Hong Kong en 2012. Ou encore pour un ami bibliste et collègue à l’Institut catholique de Paris, que j’avais sollicité parfois pour faire de la formation dans le cadre des relations œcuméniques du diocèse dont j’avais à cette époque aussi la charge. 

La nouvelle du décès de Mgr Lalanne m’a trouvé en Californie. Heureusement pour moi, sur les campings, il y a des piscines pour pouvoir se rafraîchir et ainsi couver le mauvais vin de la nouvelle. J’y reviendrai dans la partie suivante. Avant je voudrais mentionner l’histoire d’une fillette et finalement la bonne nouvelle qui la concerne.

Une belle rencontre avec Alicja et sa maman, femme de ménage chez des amis en région parisienne. Nous avons prié ensemble pour un bon déroulement de l’opération que la petite allait subir quelques jours plus tard. J’avais contacté un ami prêtre du diocèse de Paris en poste d’aumônier de l’hôpital Necker, la boucle fut bouclée, la mère déjà un peu rassurée.

La trépanation s’est bien déroulée, la tumeur énorme, mais heureusement bénigne, a pu être enlevée sans que le cerveau soit endommagé. À présent, la petite qui avant l’opération ne semblait pas se rendre vraiment compte de ce qui allait lui arriver, comme avant, vit sa vie d’enfant de 7 ans.

Avant de revenir à Mgr Lalanne à qui je dois un développement à part, pour terminer sur les autres, c’est aussi en Californie que j’ai appris le décès du moine Trappiste de Hong Kong. Il fut le doyen, le prêtre le plus âgé de l’Église catholique décédé à l’âge de 108 ans. Il vivait à Lantau, mais ces derniers temps était pris en charge chez les Petites sœurs des Pauvres sur les nouveaux territoires. 

J’ai eu la chance de le croiser au côté d’un autre vétéran missionnaire italien de 99 ans. C’est avec Mgr Lalanne au mois de mai dernier que nous les avons croisés dans les couloirs sur leurs chariots de feu qui allaient peu après emporter le Trappiste. Sans avoir la moindre idée que ce serait aussi le cas de Mgr Lalanne.

La mort subite

Mgr Lalanne ne faisait pas partie de malingres ni fainéants. Tel un séquoia, visité en Californie, il ne donnait aucun signe de faiblesse majeure. Résolument tourné vers l’avenir terrestre commandé par l’avenir céleste, ainsi fièrement tourné vers le ciel, il rassurait, avançait et faisait avancer.

L’héritage à la CCF de Hong Kong de son passage servira de contenu de cette partie. Ce sont des extraits de notes prises lors de ses diverses interventions.

Rencontre avec les catéchistes et les parents et enfants.

Qu’est-ce qu’un évêque ? (Successeur, Pasteur et Veilleur)

Sa recette pour dépasser le doute : Lire la Bible, prier l’Esprit Saint, demander conseil autour de soi.

Le rôle des catéchistes est d’aider les enfants à devenir des amis de Jésus.

Le conseil de l’évêque pour renforcer notre foi :

Pour avancer, il n’y a pas de secret : trois piliers : prier, lire la Bible et surtout partager sa foi. Et pour cela, il est indispensable d’avoir un groupe (comme le catéchisme ou l’aumônerie) pour ne pas marcher seul.

La pédagogie du “Rétroviseur” et de la Relecture est à appliquer dans la vie de foi.

Une intuition forte a été partagée pour notre pratique du catéchisme : apprendre aux jeunes à relire leur vie.

Proposer la foi, pas imposer.

Lors de la soirée avec les groupes des EDC :

 

Ma conviction : l’importance d’articuler sa vie professionnelle et sa foi. Et j’ai conscience que, souvent, nous ne sommes pas assez présents dans ces questions dans notre pastorale ordinaire… C’est la raison pour laquelle je me réjouis de la présence de trois équipes EDC au sein de votre communauté catholique francophone.

Ma réflexion sur l’entreprise est marquée par ma propre expérience « professionnelle » dans mes différents ministères, car finalement j’ai été et je suis dirigeant de « PME » ! (CNER [Centre National d’Enseignement Religieux], SG [?] CEF Conférence des Évêques de France, deux diocèses avec des prêtres, diacres, laïcs salariés dont je suis l’employeur, et une « armée de bénévoles », sans oublier la présidence de la Fondation nationale pour le clergé, avec une vingtaine de salariés et une douzaine de millions d’euros à distribuer chaque année…). [Il n’a pas mentionné des CCFM ou bien d’autres missions dans l’Église de France ou au Vatican, ou son côté managérial était toujours au service de dimension pastorale, prendre soins des brebis.]

Ayant été membre de la commission financière de l’épiscopat et du conseil pour les questions sociales et économiques, j’ai rencontré régulièrement les économes des diocèses (« DAF ») et récemment j’ai été marqué par ma rencontre avec quelques patrons de PME, l’ancien patron du MEDEF, à titre amical… mais aussi Pascal Demurger, DG de la MAIF, J’ai été marqué par ma lecture de son livre : L’entreprise du XXIe siècle sera politique ou ne sera plus.

Je pense qu’il peut être utile de rappeler très brièvement les trois dimensions traditionnelles de la morale chrétienne. Elles peuvent aider à réfléchir quand on a une décision à prendre dans la vie professionnelle (pas seulement !).

La dimension universelle, particulière et singulière

Ces trois dimensions de la morale sont comme un triptyque ou un trépied. Qu’est-ce qui se passe quand il manque un des trépieds ou quand je n’en privilégie qu’un seul ? Faites vous-mêmes l’exercice !

L’audace de la confiance

Nous vivons dans un monde marqué par le fléau de la défiance. La confiance est souvent perçue comme suspecte, car serait l’ennemi de la performance. Et l’entreprise apparaît souvent comme un îlot de verticalité, mais elle doit reconnaître qu’elle est avant tout une communauté humaine. 

Bière et prière

Trois dimensions de l’engagement chrétien, autour du mot « foi » pour visualiser concrètement cette réponse:

1. Foi reçue : la transmettre, l’annoncer – ce qui implique de se former.

2. Foi vécue : la charité, l’amour de l’autre par des actes sans rabaisser mais en élevant l’autre.

3. Foi célébrée : par les sacrements et la prière.

La dernière soirée, communautaire

« Prenez courage ! Moi, j’ai vaincu le monde » (Jn 16,33).

Il est important de situer ce verset de l’Évangile selon saint Jean. Jésus tient à réconforter ses disciples avant la Grande Épreuve que vont représenter sa passion et sa mort sur la croix. Il prépare donc ses disciples à ce qui va arriver, mais en leur donnant la clé de compréhension.

Mais l’évangile de Jean a été rédigé à la lumière de la foi en la Résurrection et donc Jean fait une relecture de ces événements à travers le prisme de la Résurrection. 

C’est le cas de l’ensemble des évangiles qui ne sont pas d’abord des récits au jour le jour mais des témoignages à la lumière de la résurrection de Jésus. Ce sont donc des récits invitant à la foi pascale…

Et je trouve que nous sommes dans une situation quelque peu similaire à celle des apôtres et des premières communautés chrétiennes. J’imagine que c’est la raison pour laquelle le pape François avait choisi ce thème pour les prochaines JMJ en Corée.

On peut affirmer de manière globale, sans entrer dans une analyse systématique, que beaucoup de nos contemporains sont habités par un sentiment, peut-être diffus, d’inquiétude par rapport à l’avenir, d’insécurité sociétale, l’avenir semblant indéchiffrable. Peu de choses semblent sûres et certaines. Un sentiment d’insécurité lié à la violence, violence urbaine le plus souvent, mais pas seulement, et dont les faits divers, de l’incivilité à l’agression, relativement peu nombreuses si on les rapporte à la population globale.

Puis un extrait du futur livre sur le chemin catéchuménal (sortie prévue en septembre)

Catherine (42 ans, catéchumène) :

« Nous avons eu notre enfant et ma relation avec son père s’est détériorée. Il est parti en février après que je vienne de vivre deux décès en septembre et en décembre. J’ai vécu ce départ comme un troisième décès. Je me sentais seule, abandonnée, vidée de tout espoir et amour. J’ai mis plusieurs mois avant de me remettre mais je restais une personne éteinte. Pourtant, un jour, le Seigneur m’a appelée. Là où je me sentais seule, Dieu m’a fait comprendre que c’était le moment de suivre le chemin et de me sortir de cette noirceur qui envahissait mon cœur car Il avait toujours été là. Je ne pourrais pas expliquer ma démarche car elle n’était pas réfléchie, juste guidée par mon cœur. »

Et le commentaire de l’évêque: 

Dans ces témoignages (il en a présenté plusieurs) on peut toujours repérer une sortie, qu’elle soit de l’isolement, de la peur, de l’égarement, du dégoût de vivre, de la dépression.

Dieu est celui qui fait sortir, qui arrache d’une situation périlleuse pour conduire à une situation heureuse. Chacune de ces lettres expriment d’une façon ou d’une autre cette action de grâce.

En fonction de ce dont nous sommes sauvés, le salut portera un nom différent et prendra une forme différente : 

  • si c’est du péché, le salut est rédemption ; 
  • si c’est de l’esclavage, le salut est libération ; 
  • si c’est du néant, le salut s’appelle création ; 
  • si c’est le la mort, le salut est résurrection, 
  • si c’est du non-sens et de l’absurde, le salut s’appelle révélation. 

Un adieu est toujours possible

Un adieu à eux tous. Pour Mgr Lalanne, j’ai regardé les funérailles sur YouTube le lendemain. Presque tout m’était connu, l’église, le président de la célébration au côté du président de la CEF, le nonce, le prédicateur, le vicaire général, le cercueil… 

Le vicaire général du diocèse de Pontoise, jeune, participait à l’aumônerie des étudiants dans ma première paroisse comme curé dans la ville nouvelle de Cergy, à Osny précisément, groupe dont est sorti aussi un autre prêtre et une religieuse. 

Lors du dernier dîner avec Mgr Lalanne à Hong Kong, celui-ci tenait à cette rencontre en tête à tête aussi pour faire le bilan de sa visite pastorale. Au dessert, il m’a demandé d’appeler depuis son téléphone Thierry (vicaire général) pour lui faire un canular. Je ne connaissais pas l’évêque sous ce jour-la. J’ai volontiers joué le jeu. L’effet était garanti, j’ai raconté que l’évêque n’allait pas bien du tout qu’il avait un comportement bizarre, en racontant cela, je voyais l’évêque rire dans sa barbe. 

Pour sortir la victime de son coma “canulardé” (un néologisme pleinement assumé), l’évêque a repris le téléphone avant que l’autre ne fasse un malaise pour le rassurer et rire tous les trois à gorge déployée. 

Le lendemain je l’ai accompagnée jusqu’au train. Deux conversations téléphoniques ont suivi fin juin et 10 jours avant son décès. Ses projets, nos projets pour l’an prochain en Asie ou ailleurs, prenaient forme. Tout s’est arrêté ce matin du 17 août trouvé sans vie en bas de l’escalier de sa maison.

Tout se termine un jour et tout a un prix. Celui du temps qui, lui, ne s’arrête jamais et contrairement au soleil ne se fatigue pas. Jusqu’à quand Seigneur ? Tout est grâce !

Même la fin. FIN